L'art presque perdu de ne rien faire de Dany Laferrière

lundi 08 septembre 2014

Éloge de la lenteur

L'art presque perdu de ne rien faire de Dany Laferrière

Né à Port au Prince en 1953, Dany Laferrière travaille dès l'âge de 19 ans à Radio Haïti, au Petit Samedi soir et au Nouvelliste, un quotidien pour lequel il écrit de  courts portraits de peintres.
Élu à l'Académie française le 12 décembre 2013, au fauteuil de Hector Bianciotti (2e fauteuil), Dany Laferrière a bâti une œuvre majeure dans le paysage littéraire francophone. Inclassable, L'Art presque perdu de ne rien faire se savoure comme une recette aux mille saveurs mêlées.

 

 

 

 

 

Ici, Dany Laferrière emporte le lecteur dans un autre temps, celui où la lenteur est reine, celui où la réflexion s'épanouit, celui où la vie s'élargit pour laisser place à une savante nonchalance. "J'étais devenu un spécialiste mondial de la sieste" écrit-il dès les premières pages.
Mieux et plus qu'une histoire, L'Art presque perdu de ne rien faire invite, au fil d'une promenade de plus de quatre cents pages, à pénétrer l'esprit de Laferrière pour mieux comprendre le nôtre. Car comme il l'écrit: "Un bon livre, au contraire, ne cherche pas à vous captiver, il vous fait regarder vers le haut (le ciel sans nuage d'été), tout en plongeant au fond de vous-même".

Une suite de courts textes qui, nés d'une réflexion de l'auteur, nourrissent et abreuvent notre cerveau. Et il y avait urgence. Ce livre ne ressemble à aucun autre, il est une vraie respiration, qui aborde avec humilité les mille thèmes qui font la vie d'aujourd'hui : la guerre, Obama, l'amour, Saddam, la mangue, la littérature,… comme une savoureuse recette qui, par un magique mélange des genres libère un goût unique. Ainsi, aux réflexions, inspirées de ses chroniques radiophoniques succèdent des poèmes en prose qui donnent à l'émotion l'intensité du ressenti. Des textes alimentés par les souvenirs, l'observation, l'actualité… avec en dénominateur commun l'immense émotion d'un homme vivant qui, de l'émerveillement à la douleur, passe par toutes les couleurs des sentiments.

L'Art presque perdu de ne rien faire fait voler en éclat les frontières de la littérature. Au-delà des pages, après que la lecture a eu son temps, chronos fait son œuvre. Une impression nous habite, qui change notre regard sur le monde... alors que les mots lus sont déjà presque oubliés. Du grand art littéraire. D'ailleurs à propos d'art Dany Laferrière a cette magnifique réflexion : "Et c'est quoi la différence entre art et culture ? L'art n'arrive que si on met sa culture en danger."

Agathe Bozon

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