La tristesse du samouraï de Victor del Arbol

lundi 16 janvier 2012

Oeil pour oeil.....

La tristesse du samouraï  de Victor del Arbol

Barcelone, 1981. Dans une chambre d'hôpital, Maria, brillante avocate de 35 ans atteinte d'une tumeur, se consume lentement tout en veillant son père Gabriel, vieillard lui-même mourant. Elle se confie à l'inspecteur Antonio Marchan, ultime dépositaire d'un secret à la fois familial et historique d'une ampleur inouïe qui remonte aux sombres années de la guerre civile...

 

 

 

 

 

 

A la faveur d'une vieille photographie représentant une magnifique femme des années 1940, Maria va réveiller des fantômes pas tout à fait disparus en juin 1981 puisque certains survivants dont le député franquiste Publio viennent de frapper par un coup d'état, raté de justesse.

Mérida (sud-ouest de l'Espagne), 1941. Isabel, la femme de la photographie se fait arrêter sur le quai d'une gare en tentant de fuir avec son plus jeune fils Andrés la tyrannie de son mari, le répugnant phalangiste Guillermo Mola. Son ancien amant l'a trahi, l'arrête et emmène avec lui le fragile Andrés en lui promettant un authentique katana de samouraï japonais qu'il se chargera de lui confectionner. Personne ne se doute encore que ce sabre va resurgir (ni entre quelles mains) quarante ans plus tard pour finir d'accomplir le tragique destin de cette famille.

L'infidélité d'Isabel va entraîner non seulement sa chute mais un cycle infernal de haines et de vengeances sur trois générations et deux familles hantées par la faute originelle, transformant ce récit en une vaste épopée aux multiples ramifications, rebondissements et personnages complexes qui nous sont dévoilés progressivement : c'est au lecteur de reconstituer les différentes parties de ce puzzle passionnant qui nous plonge à un rythme trépidant dans les secrets d'une lignée maudite et meurtrière.

Car ce sont les enfants puis les petits-enfants qui deviendront les bourreaux ou les boucs émissaires de l'Histoire dans laquelle s'inscrit ce roman familial aussi extraordinaire que monstrueux. Jamais complètement innocents, ces personnages vont apprendre à laver par le sang ou l'honneur (les valeurs du samouraï) les fautes de leurs aïeux : « d'une certaine façon, les enfants paient pour les crimes commis par leurs parents », semblent nous dire tous ces personnages en quête d'une rédemption sur quatre décennies. Maria trouvera-t-elle enfin le repos nécessaire à sa conscience avant l'inéluctable ? Comment peut-elle encore intervenir pour arrêter ce carnage ancestral ? 

Véronique Marro (librairie Mollat) a tout de suite été conquis par l'atmosphère et la puissance d'évocation de ce premier roman du Catalan Victor del Arbol, fresque qui réunit toutes les qualités espérées : à la fois roman noir (une « parfaite » tragédie, si l'on peut dire), roman policier (l'inspecteur Marchan mène l'enquête et s'implique dans la découverte de la terrible vérité), et enfin thriller historique édifiant et palpitant qui n'est pas sans rappeler la formidable saga de Philip Kerr autour de la Seconde guerre.

 

Véronique  Marro, Librairie Mollat (Polar, SF)

 

La tristesse du samouraï  de Victor del Arbol, Actes Sud, (2012)

Pour aller plus loin :

Livres

Où trouver « La tristesse du Samouraï » en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Afficher plus de discussions

Lancez une discussion

Pour lancer une discussion, vous devez être connecté...
Vous n'avez pas encore de compte ? Rendez-vous ici et laissez-vous guider !