La littérature au secours du cinéma

vendredi 01 juin 2012

Bouquins et bobines, duo gagnant ?

La littérature au secours du cinéma

 

En quête d’histoires fortes, le 7e art puise de plus en plus dans le roman. Une bonne nouvelle pour le livre ?
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
En 2012, le festival de Cannes a fait la part belle aux adaptations. Huit films de la sélection, contre seulement trois en 2011, sont issus d’œuvres littéraires. Il y a eu l’événement Sur la route, le roman culte de Jack Kerouac enfin porté à l’écran, après des décennies de projets avortés. Mais aussi le Cosmopolis de David Cronenberg, adapté du roman du même nom de Don DeLillo. Ou encore De rouille et d’os, de Jacques Audiard, d’après les nouvelles du Canadien Craig Davidson.
Certes, on adapte des livres depuis les débuts du cinéma. Mais aujourd’hui, ce sont quatre films français sur dix qui sont issus de romans. Et les grands succès hollywoodiens de ces dernières années se nomment Harry Potter et Twilight, sagas adaptées des ouvrages de J.K. Rowling et Stephenie Meyer.  
 
Le cinéma a besoin de bonnes histoires, et écrire un scénario neuf et original n’est pas si facile. D’où la vague du biopic, où les histoires sont préexistantes, et la multiplication des suites et franchises. Heureusement, il y a aussi les écrivains et leurs livres. Leurs dramaturgies ont déjà été testées auprès du public. Pour un producteur qui doit trouver des millions pour monter un film, le paramètre n’est pas anodin. Inutile de préciser que les best-sellers ont le plus de chances de se voir adaptés. Ainsi, les œuvres d’Anna Gavalda, d’Amélie Nothomb ou de Delphine de Vigan ont eu les honneurs des salles obscures ces dernières années. 
 
Tendance forte du moment : les écrivains qui passent derrière la caméra. En adaptant eux-mêmes leurs histoires, ils ne laissent pas à quelqu’un d’autre le soin d’interpréter (et, parfois, de massacrer) leur œuvre. Là aussi, la tradition est bien ancrée (Guitry, Cocteau, Pagnol, etc.). Quelquefois, le résultat se révèle catastrophique : selon un avis couramment partagé, Le Jour et la Nuit, de Bernard-Henri Lévy, reste le plus mauvais film de tous les temps. Michel Houellebecq n’a pas su convaincre non plus avec La Possibilité d’une île. D’autres auteurs ont eu plus de chance. Philippe Claudel a ainsi reçu le césar du meilleur premier film avec Il y a longtemps que je t’aime, tandis que Yann Moix a cartonné avec son Podium. Plus récemment, Frédéric Beigbeder et David Foenkinos (lire interview) ont réalisé des scores honorables avec respectivement L’amour dure trois ans et La Délicatesse.
 
Dans les mois à venir, l’actualité confirmera l’importance du roman pour le 7e art. On pourra bientôt voir Ce que le jour doit à la nuit, réalisé par Alexandre Arcady, d’après le roman à succès de Yasmina Khadra. Jamel Debbouze travaille actuellement sur l’adaptation de l’œuvre culte de Roy Lewis, Pourquoi j’ai mangé mon père. Plus attendu encore, le génial Michel Gondry tourne L’Ecume des jours, le classique de Boris Vian, avec un casting alléchant (Audrey Tautou, Romain Duris, Omar Sy…). On reproche parfois au cinéma de vider les librairies. Les exemples cités plus haut montrent que les films savent aussi (re)créer un intérêt pour les livres, donc relancer leurs ventes. Faut-il se plaindre de ce juste retour des choses ?
 
 
 
 
Photo© Selimaksan / IStockphoto
 

Commentaires

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  • Jean-michel Palacios le 05/07/2012 à 06h59

    Bonjour à tous,
    J'ai proposé ce sujet dans la rubrique discussions/autres puis découvert cet article de notre site Lecteurs qui apporte un regard sur tous ces livres qui donnent naissance à des films.
    On pourrait se dire que le cinéma tue notre imaginaire de lecteurs. Mais en même temps, il contribue au succès du livre. Nombre de films ont permis de découvrir à posteriori l'auteur et son livre voire sa biographie.
    C'est finalement toute la question de savoir si ces deux formes d'oeuvre de fiction se rendent service ou se desservent.
    Et vous qu'en pensez-vous ?
    Bien amicalement.
    Jean-Michel

  • Dominique Romeo le 05/06/2012 à 17h15

    C'est vrai que de plus en plus de films sont tirés d'un livre, mais a part quelques uns, les films ne donnent pas le ressenti du livre et l'on est souvent déçu.

Où trouver « Un goût de rouille et d'os » en librairie ?

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