La Fête de l’insignifiance de Milan Kundera

mardi 22 avril 2014

Milan Kundera, l’insignifiance comme humanisme

La Fête de l’insignifiance de Milan Kundera

Si Milan Kundera a repris sa plume, à 85 ans, prenant tout le monde de court, y compris son éditeur, c’est pour nous faire passer un message quasi testamentaire : il ne faut pas oublier de rire.

« Nous avons compris depuis longtemps qu’il n’était plus possible de renverser ce monde, ni de le remodeler, ni d’arrêter sa malheureuse course en avant. Il n’y avait qu’une résistance possible : ne pas le prendre au sérieux », lance Ramon, l’un des quatre personnages principaux de ce récit choral, entremêlant les conversations et les digressions d’amis déambulant dans le jardin du Luxembourg et les rues chics du VIe arrondissement.

 

 

 


L’un, Alain, s’interroge sur les nombrils joliment dénudés des jeunes filles printanières et sur les conséquences sociales de ce nouvel érotisme urbain ; Ramon, un ancien professeur, figure imagée de Kundera lui-même, voudrait assister à l’exposition Chagall, mais abandonne devant la file d’attente interminable, et s’en ouvre à Charles et Caliban – ce dernier oubliant sa carrière d’acteur raté en se faisant passer pour un serveur pakistanais au sabir impossible et drolatique. 

Des histoires qui se font écho autour d’un même thème, central : « L’insignifiance, c’est l’essence de l’existence », mais aussi « la clé de la sagesse » ou de « la bonne humeur », face aux puérilités diverses, à l’absurdité de l’époque, à la violence et à la tyrannie. Un roman réduit à sa plus simple expression donc, comme une application synthétique de la définition que se donna lui-même Kundera de son travail dans son essai, auquel on le renvoie sans cesse, « L’Art du roman ». « Roman : la grande forme de la prose où l’auteur, via des ego expérimentaux (personnages), examine jusqu’au bout quelques grands thèmes de l’existence ».

Avec cette farce bien plus dure qu’elle n’y paraît derrière les nombreux traits d’humour, Milan Kundera semble même aller au bout de sa propre mue. S’il a commencé sa carrière en enthousiaste poète du réalisme socialiste avant de devenir l’un des plus grands ironistes des aliénations contemporaines, soviétiques et libérales, il semble finir ici en léger funambule, aussi mordant qu’optimiste.

 

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