La #Critique Pour/Contre des Explorateurs : "Animarex" de Jean-François Kervéan

lundi 30 novembre 2015

La #Critique Pour/Contre des Explorateurs : "Animarex" de Jean-François Kervéan

#RL2015 C'est aussi le clash chez les Explorateurs... Ils ne sont pas d’accord, mais pas d’accord du tout sur certains romans de notre sélection, ils le font savoir, ils vous le disent, et ils ont des arguments.

Découvrez les critiques Pour-Contre de Sara Adrian et Sandrine Fernandez pour Animarex de Jean-Francois Kervean

C’est le tricentenaire de Louis XIV et l’obsession d’un trop rare écrivain, Jean-François Kervéan. Celui qui a l’habitude de se glisser dans la peau d’un ghost writer publie ici son deuxième roman. Et c’est toute la fantaisie, l’amour de la langue française et de la narration qui emporte cette histoire, effacée des mémoires, du premier amour du Roi Soleil.

Sandrine s’est agacée d’un texte jugé trop parisien, Sara s’est enthousiasmée pour l’inventivité ample et joyeuse de cette ode à la jeunesse. On les retrouve…

Karine Papillaud

 

Pour : 

Animarex raconte l'idylle de jeunesse que Louis XIV a entretenue avec Marie Mancini, l'une des nièces du cardinal Mazarin. Le récit s'articule en trois parties : avant, avec, et sans Marie, et se détache des romans historiques "classiques" : le style, foisonnant et humoristique, l'en éloigne ostensiblement.

Ainsi, ce qui caractérise d'abord Animarex, c'est cette verve, cette énergie débordante de l'auteur qui ne se refuse rien : le lecteur est apostrophé, l'identité du narrateur est tenue secrète jusqu'à la dernière page, l'écrivain grimé en nègre est distingué du narrateur, et n'est là que pour exécuter sa volonté, les références se mélangent et se tissent à plusieurs siècles d'écart, la langue est riche et parfois crue; en un mot, il dépoussière la cour de Louis XIV et la déshabille de son austérité sans ambages.

Mais le récit dépasse également la truculence du style : en se consacrant à une période méconnue de la vie de Louis XIV, l'auteur nous donne à voir la confrontation de l'homme et du roi, l'inéluctable victoire du rôle sur les aspirations et les désirs de Louis. On se laisse prendre au jeu de l'amour adolescent, et la fin, brutale bien qu'attendue, nous rappelle à l'Histoire et à ce que l'âme du roi réclame d'intransigeance et, d'une certaine façon, d'abnégation.

Enfin, la connivence établie rapidement avec le lecteur rend le roman singulier : l'auteur a recours au procédé de la mise en abyme, le nègre incarnant son propre rôle, et de la même manière que l'auteur est un personnage à part entière, le lecteur en est un également, auquel le narrateur n'hésite pas à s'adresser directement lorsqu'il lui sied.

Pour la lectrice néophyte que je suis en matière de romans historiques, ce roman m'a paru receler d'une bonne dose d'exotisme de par son originalité dans la combinaison d'un style très vivant et humoristique et d'un sujet grave, que j'ai davantage l'habitude de voir traité avec solennité. Ce qui en a fait, somme toute, une belle surprise! Avec le recul cependant, il me semble qu'il me restera davantage en mémoire pour son traitement atypique et son écriture que pour l'intrigue en elle-même.

(c) Sara Adrian

Contre :

En 1659, Louis XIV a vingt ans et il est amoureux. Celle qui lui a ravi son coeur s'appelle Marie Mancini, elle est italienne, nièce de Mazarin, un peu garçon manqué, peu attirée par les intrigues de la cour.
Marie n'est pas le premier amour du roi. Avant elle, il y a eu Olympe, sa soeur aînée. Mais pour elle, il est prêt à tout, même à demander sa main à l'oncle cardinal. Pourtant, le roi ne s'appartient pas. La raison d'État prévaut sur les raisons du coeur. Louis doit épouser l'infante d'Espagne, il en va de l'avenir de l'Europe. Le jeune roi se résigne, sa belle retourne en Italie.

Cette histoire d'une royale passion devient sous la plume de Jean-François Kervéan le prétexte à un exercice de style. Ce n'est pas Louis qui raconte, ce n'est pas non plus Marie, ni même Jean-François qui n'est que le nègre du témoin privilégié de l'histoire, à savoir l'âme du roi (anima rex). Une mise en abîme qui permet à l'écrivain de se mettre en scène assoupi dans son salon parisien ! Le procédé est risqué et je n'y ai malheureusement pas adhéré. A cela, et au ton général du livre. Cette espèce d'irrévérence, de modernité poussée à l'extrême ont pesé sur ma lecture. Et même si je comprends les intentions de l'auteur qui a voulu rendre compte du tourbillon des jeunes années du roi, je suis restée hermétique à sa verve et à son style.

(c) Sandrine Fernandez 

Sur la fiche du livre, retrouvez tous les avis de nos Explorateurs et des lecteurs, et notamment la chronique de nathalie eirenamg

Extrait : "Donc partez à la découverte d’Animarex et découvrez la face intime de Louis XIV, sa folle passion et la difficulté d’écrire. Vous passerez un agréable moment suspendu, comme un songe ou un saut dans le passé qui vous fera voir le grand siècle et le roi soleil autrement".

Pour aller plus loin :

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