La Bibliothèque idéale d’Emilie de Turckheim

mardi 06 mars 2012

La Bibliothèque idéale d’Emilie de Turckheim

C’est ma bibliothèque idéale « aujourd’hui ». Elle peut changer, c’est vrai, avec le temps, mais le gros des troupes est bien ancré !

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L’Idiot de Dostoïevski
Pour faire un Idiot,  coudre un nœud de personnages et d’intrigues complexes jusqu’à l’invraisemblance, jusqu’au rêve, et ne faire ressortir de ce chaos éblouissant que la constance christique du merveilleux Prince Mychkine, héros entre tous mes héros !
 
 
 
 
 
 
 
Sanctuaire de William Faulkner
Sanctuaire, c’est la « perte » parfaite : la perte de la raison (que tord l’alcool), la perte de la civilisation (insécurité, peur pour son corps, aucune protection des lois) et la perte même du roman (mais que se passe-t-il, au juste, dans ce roman ? Je ressens tout et tout m’échappe).
 
 
 
 
 
 
 
Fermina Marquez de Valery Larbaud
Je crois que j’aime Fermina Marquez comme on peut aimer le Grand Meaulnes. Pour le sentiment, dès la première lecture, de lire le roman pour la centième fois, de connaître son ambiance désuète et bizarrement intemporelle, de deviner les mots, d’être chez soi, d’avoir quatorze ans, d’avoir la vie devant soi.
 
 
 
 
 
 
 
A la recherche du temps perdu de Marcel Proust
C’est le livre que je n’emporterai surtout pas sur la fameuse île déserte. Surtout pas, parce que rien ne serait plus douloureux, rien ne me rappellerait mieux la vie, la douceur de la mère, la beauté inusable des livres. 
 
 
 
 
 
 
Henri V de Shakespeare
Henri V qui encourage ses maigres troupes, fatiguées, effrayées, avant de mettre la pâtée à la chevalerie française, j’ai envie d’aller me battre à chaque fois! Donnez-moi mon cheval ! Donnez-moi mon épée ! 
 
 
 
 
 
 
Toussaint a ce don d’extra lucidité  pour dire les sentiments que recèlent les objets, les détails du décor, les extraordinaires petites choses, banales et tragiques, vues par l’objectif de l’appareil photo. Tous les livres de Toussaint me percent. « Faire l’amour » est un sommet de subtilité (et on peut lire cette phrase sans ses guillemets). 
 
 
 
 
Il s’agit du journal que Viktor Klemperer (linguiste juif allemand) a rédigé sous le IIIe Reich. Une merveille que de voir, derrière la mise à mort méthodique d’un être humain (la mise à mort de sa culture, de sa famille, de son statut social, de sa sécurité, de sa citoyenneté, de sa dignité) les minuscules détails où se logent la lutte, la joie, la pensée, l’humanité toute entière.
 
 
Au-dessous du volcan de Malcom Lowry
Mon préféré. Mille romans dans ce roman du paradis perdu et de la Chute, poème absolu, qui dit dans un même trouble éthylique, une même fixité des détails,  l’agonie d’un monde (veille de la seconde guerre mondiale) et celle d’un grand amour.
 
 
Lointain Intérieur d'Henri Michaux
Quand je lis Lointain Intérieur, je marche sur des œufs pour ne pas pleurer. 
Lorellou, Lorellou, j’ai peur… Par moments l’obscurité, par moments les bruissements. 
 
 
The heart is deceitful above all things de JT Leroy
Ce roman, c’est traverser une autoroute à pied, les yeux bandés, en criant fort pour faire passer sa peur, les oreilles rincées par les klaxons des camions. Mais en tenant la main d’un petit enfant qu’on veut garder sauf à tout prix. C’est une roulette russe immonde et c’est la grâce et la tendresse en même temps. 
 
 
Karine Papillaud
 
copyright David Ignaszewsi / Koboy
 

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