J'apprends l'hébreu de Denis Lachaud

vendredi 16 septembre 2011

Comprendre pour exister

J'apprends l'hébreu de Denis Lachaud

Denis Lachaud, acteur, auteur et metteur en scène, livre avec ce sixième roman une réflexion sur l'identité, la quête de la compréhension. De Berlin à Tel Aviv, le voyage est surtout intérieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frédéric, adolescent de 17 ans qui suit sa famille au gré des mutations professionnelles de son père, vit des déracinements successifs : Paris, Oslo, Berlin. Il se sent coupé du monde et constate : Puis un jour, la vérité s'est révélée à moi dans son âpre nudité : je comprends de moins en moins ce que les autres me disent.

Pourtant Frédéric n'a perdu aucune faculté intellectuelle, il ne comprend plus les mots prononcés, mais écrits, ces derniers reprennent tout leur sens. Alors il trouve une solution : le dictaphone. Il enregistrera pour transformer les mots dits en mots écrits.

Dernière destination professionnelle de son père : Tel-Aviv. Et toute la famille se prépare à ce départ. Un nouveau départ, au propre comme au figuré, pour Frédéric qui découvre une nouvelle langue. L'hébreu, dont il est persuadé qu'il sera sa planche de salut pour sa reconstruction identitaire. Cette langue qui ne ressemble à aucune de celles qu'il a déjà apprises, la première qui se lit de droite à gauche et qui fait dire à Frédéric : Peut-être que l'hébreu est la solution à mes questions, la langue qui est faite pour moi. (…) en hébreu le verbe être ne se conjugue pas au présent (…) On peut être au passé, on peut être au futur, mais pas au présent.

Frédéric s'installe peu à peu dans sa nouvelle vie israélienne. Il rencontre ses voisines, savoure leur gâteau et apprend leur histoire… dont chacune est un morceau de l'histoire d'Israël. Puis il parcourt les rues de la ville, accompagné de son ami imaginaire, Theodor Herzl, alias Benjamin.

Au fil des pages et des mois, Frédéric arpente son nouveau quartier, sa nouvelle ville, son nouveau pays. Une approche originale de la notion de territoire et une façon poétique d'aborder des questions géopolitiques complexes.

Ajoutons le style magnifique et la construction, articulée en très courts chapitres, où alternent les conversations enregistrées par Frédéric, la narration de la vie actuelle et les flash-back des époques française, norvégienne et allemande. Un roman qui se dévore.
 

Agathe Bozon 

Sur le même sujet : Littérature et identité, une bibliothèque idéale

J'apprends l'hébreu, Denis Lachaud, Actes Sud, (2011)

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