Interview de Stéphane Bourgoin, sur la piste des tueurs en série

vendredi 15 août 2014

Interview de Stéphane Bourgoin, sur la piste des tueurs en série

« L’Étrangleur de Worchester », « Le Vampire de Sacramento » ou, plus récemment, « Le Cannibale de Rotenburg » : écrivain spécialisé en criminologie, ancien formateur de la police judiciaire et consultant officieux sur certaines enquêtes, Stéphane Bourgoin écrit depuis une trentaine d'années sur les tueurs en série, avec qui il a réalisé plus de 70 entretiens approfondis. Une grande partie de son travail se retrouve compilée dans « Serial killers, enquête mondiale sur les tueurs en série », somme de 1 100 pages où l’horreur dépasse souvent la fiction. Rencontre loin des prisons de haute sécurité.
 

 

 

 

 

 

Plus de vingt ans ans après la première édition, cette nouvelle mouture de votre « Enquête mondiale sur les tueurs en série » serait la dernière... Vraiment ?
À vrai dire, la précédente, en 2011, devait déjà être l’édition définitive ! Mais comme elle était épuisée, mon éditeur, Grasset, m’a poussé à la retravailler une nouvelle fois. Vu le matériel que j’avais accumulé, cela n’a pas été trop difficile : j’étais parti sur une centaine de pages supplémentaires ; à l’arrivée, il y en a 300 de plus ! Mais comme cela m’a pris presque autant de temps que de refaire un nouveau livre, je pense vraiment que ce sera la toute dernière version, car je prépare actuellement une grande encyclopédie mondiale sur les serial killers, avec des cas répertoriés au Nigéria, au Ghana et même en Iran !
 
En écrivant sur un sujet aussi sensible, vous ne vous faites pas que des amis. Vous parlez même de harcèlement…
Je reçois une centaine de mails ou de coups de fils chaque jour : c’est presque plus pénible que de rencontrer les tueurs !  Heureusement, la plupart sont des personnes sérieuses, comme des étudiants en criminologie qui rêveraient de devenir profiler en trois leçons. Mais il y a également des déséquilibrés, comme cette femme qui voulait que je transmette ses photos à Ed Kemper, un serial killer californien : son idée est qu’en voyant son visage, le tueur finisse par se suicider parce qu’il ne pouvait pas l’avoir... J’ai évidemment refusé. Il y a également un lecteur qui me renvoie systématiquement mon livre avec des « annotations », des lames de rasoirs, des seringues, des poils pubiens, des photos de lui devant le squat de Guy George : c’est très angoissant.
 
Sur les 70 entretiens que vous avez menés en prison, certains devaient être toutefois être un peu oppressants, non ?
Une fois, dans les couloirs de la mort de la prison de haute sécurité du Texas, j’ai eu une pensée idiote : qu’on m’oublie à l’intérieur ! Mais le pire souvenir reste ma rencontre avec Gérard Schaefer, l’un des pires tueurs en série à avoir jamais sévi. Dès que je me suis retrouvé en face de lui, il m’a terrorisé. Alors qu’il se montrait charmant, il m’avouait entre les lignes les pires atrocités possibles – j’avais l’impression d’un viol psychique ; il m’a fallu plusieurs jours pour me sortir les images de la tête... Je prépare un livre complet sur son histoire, qui sera publié courant 2015.
« Serial Killers - Enquête mondiale sur les tueurs en série », Stéphane Bourgoin, éd. Grasset.

Pour aller plus loin :

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