Interview de René Manzor à propos de son premier roman, Les Ames rivales

mercredi 04 juillet 2012

"J’ai besoin que mes histoires se déroulent dans un monde bien réel"

Interview de René Manzor à propos de son premier roman, Les Ames rivales

 

A l'occasion de la publication de son premier roman, Les Ames rivales, le célèbre réalisateur, René Manzor nous a accordé uen interview exclusive. Rencontre.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
René Manzor, on vous connaît pour vos réalisations cinématographiques très originales. Votre style est tout à fait identifiable.
Est-ce que votre premier roman, Les Âmes rivales, est un nouvel exercice de style ?
Je ne sais pas si c’est un exercice de style, mais je ne l’ai pas abordé comme ça. J’ai juste voulu raconter une histoire en utilisant des mots, cette fois, plutôt que des images. L’essentiel, pour moi, n’est pas le médium que j’utilise, mais l’histoire que je raconte. Ce qui m'intéresse surtout dans l’écriture romanesque est qu'elle permet une exploration plus approfondie des personnages d'une histoire, de leurs états d’âme, de leurs secrets les plus intimes. Quand on écrit pour la caméra, on se doit d'être objectif, sec, clinique, factuel. Quand on écrit pour le roman, le subjectif l'emporte.
 
Comment l’avez-vous construit ? Comment donnez-vous naissance à ses personnages ?
J’essaie de laisser la plus grande part à l’imagination dans un univers très balisé. J’ai besoin de me structurer, de construire un enclos très solide pour mon histoire, de façon à pouvoir y lâcher des chevaux sauvages l’instant d’après. L’imagination n’accepte pas facilement d’être domestiquée. C’est pourquoi, chez moi, une structure classique en trois actes, un plan de l’intrigue, précède toujours la rédaction proprement dite. Quant aux personnages, je les travaille indépendamment du récit. Je leur construis une existence, une vie avant l’histoire et après l’histoire. Je leur imagine des qualités, des défauts surtout et, comble du luxe, des manies. Ils finissent par avoir leur propre logique, indépendante de la mienne et souvent il nous arrive de ne pas être d’accord sur leur manière de se comporter dans telle ou telle situation. Quand j’en arrive à ce stade, c’est que le personnage existe vraiment. Et ses attaques constantes contre la structure de l’intrigue contribuent à la rendre surprenante.
 
Le surnaturel demeure-t-il votre seul univers de prédilection avec une problématique récurrente : L’amour peut-il triompher de la mort....?
La problématique que vous évoquez n’était présente que dans mon premier film « Le Passage », mais ce n’est sans doute pas un hasard si elle transpire dans mon premier roman. Plus sérieusement, ce que j’aime dans le surnaturel, c’est la liberté qu’il offre à l’imaginaire. Mais je ne m’y sens à l’aise que si les amarres du « crédible » ne sont pas coupées. J’ai besoin que mes histoires se déroulent dans un monde bien réel, que le lecteur croie à cette réalité, qu’elle lui soit familière. J’ai besoin qu’il puisse se projeter facilement dans mes personnages de façon à être confronté comme eux à des événements qui le dépassent. Ce qui m’intéresse, dans le genre du thriller, ce sont ces moments où les personnages d’une histoire, en même temps que leurs lecteurs, sont obligés progressivement d’abandonner le cartésianisme qui les gouverne pour s’ouvrir à une autre façon de voir les choses, là où l’intuition et l’instinct sont plus utiles que la raison.
 
Devant le succès éditorial de votre roman, sera-t-il comme on le voit de plus en plus, l’objet d’une adaptation cinématographique ?
C’est drôle que vous me posiez cette question car j’ai tout fait pour tourner le dos à cette éventualité. Seule l’expression romanesque pouvait me permettre de raconter cette histoire. Pour moi, adapter Les Âmes rivales  au cinéma aujourd’hui serait comme en faire le remake. Car j’ai vraiment l’impression d’avoir déjà filmé cette histoire avec mes mots. Et puis ce serait un peu trahir l’imagination de chaque lecteur. Quand on se sert uniquement de mots pour raconter, le lecteur est metteur-en-scène de l’histoire. C’est lui qui visualise, qui « imagine » au sens premier du mot, qui fabrique des images.
 
 
 
Les Ames rivales, René Manzor, Editions Kero, (2012)
 
 
Propos reccueillis par Hassina MIMOUNE

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