Interview de Jérôme Garcin

mardi 05 avril 2011

Président du jury du Prix de la ville du salon Livres et musiques de Deauville

Interview de Jérôme Garcin

Stendhal, c'est l’écrivain musical par excellence.

On le connaît journaliste, écrivain, cavalier, animateur de l’émission Le Masque et le plume sur France Inter. Au salon Livres et musiques de Deauville, Jérôme Garcin est aussi le président du jury du Prix de la ville. Rencontre. 

 

 

 

 

 

 

En quoi êtes-vous attaché à ce salon de Deauville ?
A l’origine, c’est un choix de voisinage. Quand le maire de Deauville, Philippe Augier, a créé ce salon qui unit musique et littérature, il a eu l’idée d’y associer les écrivains de la région, dans le grand pays d’Auge. Il se trouve que j’ai une maison à côté, où je passe beaucoup de temps. C’est l’endroit où j’écris. 

Parlez-nous de vos penchants musicaux…
Ils sont liés à la programmation du Festival de Pâques (qui se déroule conjointement au salon Livres et musiques, ndlr), célébrant la musique baroque, de Couperin à Haendel en passant par Bach. De jeunes contre-ténors y ont fait leurs débuts, tel Philippe Jaroussky, dans des airs que j’adore. Les concerts avaient lieu dans la salle des ventes de chevaux, qui possède une acoustique exceptionnelle. L’addition de ce lieu et de ces musiques que j’aime a joué dans ma passion pour ce festival.

Vous n’écoutez pas exclusivement de la musique baroque…
J’aime aussi le jazz. J’écoute également de la chanson française : Barbara, Bénabar, Benjamin Biolay... C’est un contrepoint à la musique spirituelle. 

Vous écrivez en musique ? 
Pour mon dernier livre, Olivier, j’ai écouté Haendel en boucle. J’écoute beaucoup de musique en écrivant, c’est très favorable au travail.

Quelle est la place de la musique dans la littérature aujourd’hui ?
C’est une évidence de dire que la musique est plus présente que la peinture dans la littérature contemporaine. Il y a un choix incroyable de livres. Tous les ans, l’équipe qui présélectionne les œuvres pour le prix a du mal à se limiter du fait de cette abondance. Les auteurs contemporains n’hésitent pas à utiliser la musique, soit à travers des témoignages personnels, soit à travers la fiction. Le Prix de la ville récompense des romans ou des essais. L’an dernier, il a été attribué à Colette Fellous avec Pour Dalida (Flammarion). C’est le Ravel d’Echenoz (Editions de Minuit) qui a été récompensé ici en 2006. C’est donc très varié.

Et dans l’histoire de la littérature, quels sont les écrivains dont la musicalité vous enchante ?
Parmi les classiques, Stendhal a été le plus grand amoureux de la musique. Ayant vécu longtemps en Italie, il a parlé magnifiquement de Rossini, de l’opéra italien. Il a su faire passer la musique dans son style. Stendhal, c’est l’écrivain musical par excellence.

Et au vingtième siècle ?
Paul Morand et Céline sont les deux grands écrivains dont le style est le plus proche de la musique. Le jazz semble rythmer leur prose. 

Olivier, de Jérôme Garcin, Gallimard, 2011

Crédits photos : Jérôme Garcin, Gallimard

Salon Livres et musiques de Deauville.
Du 15 au 17 avril, de 11h à 19h. Entrée libre. 02-31-14-02-14. 

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