Interview de Georges-Marc Habib, directeur de L'Atelier à Paris

mercredi 11 mai 2011

La librairie a encore un avenir

Interview de Georges-Marc Habib, directeur de L'Atelier à Paris

 

Georges-Marc Habib dirige L’Atelier, belle librairie du XXe arrondissement de Paris. Face aux évolutions numériques, il répond par la qualité et le service.  

 

 

 

 

 

 

Quelle est l’histoire de votre librairie ?
Elle a été créée en 1993. Je l’ai rachetée en 2004. Aujourd’hui, elle emploie une dizaine de salariés sur trois lieux, avec trois spécialités : L’Atelier pour la littérature et les essais, L’Atelier d’en face, pour la jeunesse et la BD, et L’Atelier d’à côté, avec les beaux-arts et le pratique. Nous essayons de répondre à un maximum d’attentes.

La révolution du livre numérique est-elle inéluctable ?
Je pense qu’une part de la lecture va basculer dans le numérique. Cela existe déjà dans les domaines techniques, comme l’édition juridique par exemple. Pour les livres pratiques, les guides de voyage ou de cuisine, ça peut marcher. Le manga fonctionne très bien en numérique, mais c’est un public particulier. Pour la BD classique ou les beaux livres, on ne sait pas encore.

Et concernant la littérature ?
C’est pareil : on ne sait pas encore comment la situation va évoluer. Même si le numérique devient prépondérant, le papier aura encore son importance, ne serait-ce que parce que les livres s’offrent beaucoup. Et offrir un fichier, ça a moins de cachet. Personnellement, ma relation au livre passe par le plaisir de l’objet, le contact physique avec le texte. On comptera toujours des gens qui auront envie de lire sur papier. Si le livre a si bien tenu pendant des siècles, il n’y a pas de raison qu’il disparaisse maintenant.

En tant que libraire, comment vous adaptez-vous à ces évolutions ?
Cela passe par le choix d’une certaine qualité, défendue avec conviction et énergie. Mon travail, c’est d’affirmer le rôle de passeur de livres et de textes physiques.

A ce propos, quelles sont les qualités d’un libraire ?
L’envie, l’enthousiasme, l’envie de partager une certaine culture. L’appétit de lecture, une curiosité sur le monde, une ouverture d’esprit. Et une notion du service.

La diversification des services, comme la vente de CD ou de DVD est-elle une solution ?
Là, la révolution numérique a déjà eu lieu. La part de marché est faible, c’est une offre complémentaire. C’est plutôt un service en plus au client. 

Un libraire classique peut aussi vendre du numérique… 
Oui, et il a une valeur ajoutée là aussi. Mais notre spécialité réside dans le conseil direct, en regardant les gens dans les yeux, en discutant, en échangeant. La librairie est un lieu de vie, de plaisir, de connivence. C’est pour cette raison qu’elle a encore un avenir demain.

Quelles initiatives concrètes prenez-vous sur internet ?
Il y a 1001 libraires, le site de la librairie indépendante au niveau national. Et il y a deux ans, nous avons monté Librest, un site internet commun à sept librairies de l’est parisien. Les bouquins des sept libraires sont à disposition des clients de chacun. Il s’agit d’une mutualisation des stocks et des savoir-faire pour rendre du service.  Elle nous permet aussi d’avoir un agenda en commun pour annoncer les animations, les rencontres, les concerts, expositions et conférences. Il y a encore des choses à faire dans ce métier.

Sur le même sujet : Les libraires à l'heure du numérique

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