Interview de François Perrin à propos de son roman "Bois sans soif"

mercredi 12 février 2014

Interview de François Perrin à propos de son roman "Bois sans soif"

Ethique barristique

Dans son premier roman, « Bois sans soif », cet ancien barman devenu journaliste sans trop y croire revient sur ses dix ans passés des deux côtés du comptoir dans un drôle d’objet littéraire qui croise le roman d’initiation, l’enquête journalistique et le lyrisme théorique. Explications grisantes.

 

 

 

 

 

 -Présenté parfois comme une sorte de « manuel », « Bois sans soif » semble toujours dépasser le cadre du bar lui-même…
Oui et non. Il s’agit avant tout d’un témoignage vibrant sur un métier qui m’a formé en tant qu’homme – le seul où je me sois vraiment senti légitime. Mais j’en profite pour parler de la façon de gérer son rapport au monde, de survivre dans une société sans montrer de relief particulier. Même si cela peut paraître un peu prétentieux, dit comme cela.

-La sociologie est d’ailleurs très présente dans le livre, notamment avec l’utilisation d’idéaux-types. Des souvenirs universitaires ?
L’avantage d’être déguisé en barman, qui par définition est rien et tout, m’a permis de parler d’égal à égal avec des profs alcoolos, des garçons bouchers, des travelos ou des prostitués – des gens que je n’aurais jamais croisés si j’avais suivi une quelconque « carrière ». En ce sens, ça ressemblait un peu à de l’observation participante, sauf qu’à aucun moment derrière le bar, je me suis dit que je faisais de la sociologie, sinon ça aurait tout faussé. Au moment de l’écriture, en revanche, j’ai effectivement eu quelques réminiscences théoriques plus ou moins sérieuses qui me sont revenues. Par exemple, quand je parle de « l’éclairage modéré », la capacité d’un barman à pouvoir s’intéresser à n’importe quel sujet. Je donne l’exemple de la Formule 1 : « Je n’y connais rien, mais tu adores... Alors, vas-y, parle moi ! ». Une sorte d’introduction à la sociologie et au journalisme...

-Mais sans jamais se prendre au sérieux, à l’image de ces dialogues fictifs qui remettent en cause ces mêmes théories ?
Il est déjà très difficile d’écrire sur ce sujet avec une écriture passablement théorique, alors il ne faut pas que cela vire au pensum. Sans cela, on aurait sans doute envie de jeter son livre par la fenêtre. Il n’empêche, en se prenant un minimum au sérieux, sans en avoir l’air, on peut pousser très loin la fantaisie, la théorie de comptoir absurde avec le luxe de pouvoir dire « je ne sais pas ce que ça vaut ». De toute façon, j’aime bien me tirer une balle dans le pied avant de marcher.

« Bois sans soif » de François Perrin, éd. rue Fromentin, (2014)

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