Interview de Charles Poitevin pour son premier roman "Otary Club"

mercredi 28 septembre 2011

Interview de Charles Poitevin pour son premier roman "Otary Club"

A 29 ans, Charles Poitevin publie son premier roman, Otary Club, aux éditions Rue Fromentin. Dans un style oral intense, le livre déroule le parcours initiatique d’un jeune paumé exilé aux îles Fidji, sur fond de dérives humanitaires. Une belle réussite. Rencontre avec un autodidacte au parcours éclectique. 

 

 

 

 

 

 

 

Comment avez-vous réussi à faire publier votre roman ? 
Je l’ai envoyé à des connaissances pour me rassurer. On m’a dit : "C’est compliqué de se faire éditer, ça prend du temps, les éditeurs ne lisent pas."  Puis, le contact avec Rue Fromentin est venu tout seul. J’ai fait parvenir le livre au directeur artistique et il a aimé. Les deux éditeurs, Marie Barbier et Jean-Pierre Montal, se sont montrés très enthousiastes. Ils m’ont répondu quasiment du jour au lendemain. Cette rapidité a été un soulagement. Je ne l’ai pas envoyé à d’autres maisons. 

Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire ? 
Cela faisait un moment que j’écrivais des bouts d’histoire de mon côté, des poèmes, des nouvelles. Je me suis dit : "commence par ce qui est important pour toi". Après, le livre a avancé tout seul, il est devenu sa propre matière. Il s’est fait de manière empirique. Je cherchais le souffle, je l’ai trouvé, j’ai essayé de ne pas le lâcher. Ce livre, j’y réfléchissais depuis plus longtemps que je ne le croyais. 

Parlez-nous du processus d’écriture… 
Je l’ai écrit sur trois périodes de deux mois et demi. Huit heures de travail par jour, et quand je me couchais, je détestais ce que je venais de faire. Je ne vois quasiment personne dans les périodes d’écriture. Je m’isole. 

Vous avez travaillé sur le texte avec l’éditeur ?
Nous n’avons pas modifié grand-chose. On a simplement supprimé une page qui n’était pas utile, et changé quelques mots. Après, nous avons travaillé sur les histoires de paragraphes, d’interlignes, la façon de gérer les espaces dans le livre. 

Et comment négocie-t-on un premier contrat ? 
Il s’agit d’un contrat d’auteur classique. Avec un à-valoir sympathique, pas mal pour un premier roman. Ce qui m’a permis de rembourser certaines dettes. De toute façon, j’étais tellement content de leur enthousiasme et d’être reconnu en tant qu’écrivain… 

La couverture est magnifique… 
C’est un tableau que j’ai réalisé aux Fidji. C’est là-bas que j’ai commencé à lire et à peindre, avec les gamins des rues de la capitale. En rentrant, je ne savais pas trop quoi faire de ma vie. On m’a conseillé les beaux-arts. J’en ai suivi un bout, mais je n’ai pas pu finir la formation : je devais travailler pour manger. Après, je suis reparti, j’ai pas mal voyagé. Aujourd’hui, je suis comédien. Je n’ai pas de formation universitaire. Je suis un autodidacte. 

Vos espoirs avec ce livre ? 
Je rêve de devenir milliardaire, mais je sais que cela n’arrive pas dans l’édition. En fait, j’attends de voir si ce livre touche des gens. Pour que cela rende plus évident le fait d’en écrire un autre. 

Justement, un second roman en préparation ?
Oui, j’ai commencé à écrire la suite. Mais j’ai aussi envie de changer de personnage. Ou d’écrire ce qui se passe avant Otary club.  Etre écrivain, c’est un parcours : on ne sait jamais où cela mène. 

 

Otary club, Charles Poitevin, Editions Rue Fromentin, (2011)

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