Interview de Canesi et Rahmani à propos d'Alger sans Mozart

lundi 14 mai 2012

Interview de Canesi et Rahmani à propos d'Alger sans Mozart

 

Troisième collaboration après Le syndrome de Lazare et La douleur du fantôme, Michel Canesi et Jamil Rahmani nous parlent d’Alger sans Mozart (Naïve), leur dernier roman.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pourquoi réitérer l’écriture à quatre mains et particulièrement pour ce roman se situant en Algérie, dont seul, vous, Jamil Rahmani êtes originaire? 
Alger sans Mozart se veut universel. Nous y parlons d’échanges entre les deux rives de la Méditerranée, de métissage culturel. Nos deux sensibilités étaient indispensables à son élaboration : gènes du sud et gènes du nord y sont entremêlés. La nécessité d’une écriture commune semblait évidente, plus encore que pour Le Syndrome de Lazare ou La Douleur du Fantôme.
 
On a le sentiment, d’après la vivacité du récit que vous vous êtes inspirés de personnages réels ? 
Oui, nous nous sommes inspirés de personnages réels mais, et c’est la force du romanesque, ils nous ont échappé pour délivrer chacun leur message. Louise, c’est la France éternelle, la France des Lumières, cultivée et tolérante, Sofiane, l’Algérie nouvelle, débordante, avide d’apprendre et de se construire, Marc, enfin, l’Occident des années 2000, cynique, conquérant, en panne d’inspiration. Ces trois symboles interagissent, évoluent et par leurs différences délivrent un message d’espoir et de paix.
  
Quel avantage y a-t-il à choisir le genre choral pour la construction de ce livre ?
Nous aimons cet exercice complexe. Nous égarons à dessein le lecteur en début de récit afin d’aiguiser sa curiosité. La confrontation brutale de personnages que tout sépare permet d’éviter les clichés habituels sur l’Algérie. Le roman choral pénètre l’âme et le cœur des personnages, le je  explore l’intimité des êtres, il permet une rupture de langue et de style. Ainsi, le français parfois désuet de Louise, celui enfantin et métissé de Sofiane se heurtent aux parlers abrupts de Marc et Patricia. Il en résulte des situations riches et contrastées. 
 
Cinquante ans ont passé depuis l’Indépendance de l'Algérie. Alger sans Mozart  apparaît être une chronique-témoignage sans concession sur l’évolution de ce pays.
Alger sans Mozart donne les points de vue de trois personnages :   
- Louise la pied-noir désabusée, trahie par sa terre et son amour algérien. Pour elle, l’Algérie a mal tourné, l’islamisation et l’arabisation ont sonné le glas des espérances,
- Marc, l’occidental aux lointaines racines algériennes, que fascine une Algérie sensuelle et violente, son message sera si puissant qu’il retrouvera odorat et créativité perdus,
- Sofiane, l’adolescent algérois écartelé entre deux cultures, qui grâce à Louise, assumera ses héritages arabo-berbère et français.
 
Alger sans Mozart est aussi un livre politique, nous ne prenons jamais position, nous décrivons avec le plus d’objectivité possible l’histoire algérienne et son contexte. Les personnages du roman donnent des clefs, au lecteur de se forger une opinion…
 
 
Propos reccueillis par Hassina Mimoune
 
Alger sans Mozart, Canesi & Rahmani, Naïve, (2012)
 
La chronique d'Alger sans Mozart

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