Interview d'Arnaud Malherbe

vendredi 21 janvier 2011

On écrit des images

Interview d'Arnaud Malherbe

 

Scénariste et réalisateur, Arnaud Malherbe est l’auteur de Belleville Story, récit du parcours nocturne de deux truands plongés dans les embrouilles de la mafia chinoise de Paris. Un album sélectionné en compétition officielle au Festival international de bande dessinée d’Angoulême
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Comment est né Belleville Story?
Je vivais à Belleville quand je l’ai écrit. C’est un quartier singulier avec une vraie atmosphère. C’était l’époque des descentes de police sur les sans-papiers. Un bon univers pour poser une histoire de genre, ancrée dans une réalité sociale. L’action se passe en une nuit, découpée en deux volumes. Le tome 2 paraît en mars 2011. Les lecteurs auront donc rapidement la suite.
 
Il y a eu un gros travail de documentation ?
J’ai lu beaucoup de presse sur les gangs, les marchands de sommeil, les clandestins, etc. Mais je n’avais pas envie d’être authentique à 100 %. Il n’y a pas d’ambition documentaire.
 
Belleville story est une BD mais aussi un film dont vous êtes le réalisateur…
Oui, j’ai d’abord écrit le scénario pour le film mais je ne trouvai pas de producteur. Avec le dessinateur Vincent Perriot, nous avons décidé d’en faire une BD. Dargaud a dit oui tout de suite. Un mois après, Arte a accepté de produire le film. Mais l’album n’est pas une adaptation du film, il est né parallèlement. Vincent n’a vu aucune image du tournage avant de le dessiner. Les univers visuels ne sont donc pas les mêmes et le scénario diffère légèrement. 
La BD et le film ont été bien accueillis…
L’album a reçu le prix coup de cœur au Quai des bulles à Saint-Malo. Le film, diffusé en mars dernier sur Arte, a réuni
700 000 téléspectateurs. Il a été récompensé par le prix du meilleur téléfilm au Festival de la fiction TV de la Rochelle.
 
On écrit différemment pour la BD et pour le cinéma ?
Pas vraiment. Ce sont deux arts séquentiels. On écrit des images. En BD, elles passent par le filtre d’un dessinateur qui les met en scène. Mais c’est le même type d’écriture. La BD est bien plus proche du cinéma que de la littérature. 
 
Vos projets futurs en bande dessinée ?
Sortir le tome 2 de Taïga rouge. Il s’agit d’une aventure dans la steppe mongole des années 1920. Je rêve également d’un roman graphique qui serait un thriller psychanalytique. Une histoire dont le dispositif de narration ne pourrait exister qu’en BD, avec un format long, sur des centaines de pages, pour que le lecteur ait le temps d’être entrainé dans un univers. 
 
Belleville Story, tome 1, Avant minuit., Arnaud Malherbe et Vincent Perriot, Dargaud, 2010
© Cécile Gabriel

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