Florence Rougier ou La tentation du bonheur d'Edith Reffet

mercredi 17 octobre 2012

L'illusion était… presque parfaite

Florence Rougier ou La tentation du bonheur d'Edith Reffet

 

C'est grâce à la persévérance de ses filles que l'œuvre d'Edith Reffet conquiert aujourd'hui ses lettres de noblesses avec son troisième ouvrage posthume. Car, Florence Rougier ou La tentation du bonheur, s'impose comme un petit bijou d'analyse psychologique. Plus que les sentiments, décrits avec une exactitude d'orfèvre, c'est l'analyse de leur naissance qui est disséquée avec une précision chirurgicale. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Florence, apparemment lisse jeune fille, vit sous la tutelle et l'amour envahissant de Thérèse, fantasque tante, que d'aucun appellerait cougar. Belle et jeune, elle rencontre Maxime, se laisse aimer, puis finit par accepter sa demande en mariage.
Florence pourrait mener une vie tranquillement bourgeoise, conventionnelle, voire même heureuse, auprès de son mari très épris et attentionné, mais elle passe par les affres du doute, puis du désir du bonheur. 
Six années, dont quatre de mariage, révèlent les failles, la complexité, les contradictions d'une femme hantée par le souvenir d'un homme, Gérard, qu'elle aima passionnément quelques années plus tôt.
 
Dans ce roman, où le thème de l'amour est exploré sous différents angles, l'analyse des sentiments est précise, sans jamais être mièvre. Hommes et femmes se rencontrent, se désirent, jouant parfois à s'aimer sans vraiment d'illusion. "Michel trompait Thérèse parce qu'il ne l'aimait pas. Maxime trompait Florence parce qu'il l'aimait trop". Comme une sorte de bal, dans lequel on passerait d'un partenaire à l'autre, l'auteure, par une habile construction en flashback ponctuel, nous emmène dans cette brève parenthèse passionnelle que Florence vécut avec Gérard.
 
Une parenthèse lumineuse qui pourtant révèlera la part la plus sombre de l'âme humaine et que Florence découvrira quelques années plus tard, liant intimement l'amour et la mort. Ce roman, tragédie moderne de l'amour n'est pas sans rappeler le théâtre racinien. Cruauté, tourments de l'âme et rappels de la raison se télescopent dans une écriture précise et limpide qui mêle habilement dureté et sensualité.
 
Il souffle dans ce roman, écrit par Edith Reffet dans les années 60, le vent de la modernité et de la libération de la femme. 
 
Agathe Bozon
 

 

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