Dernier jour au Salon du livre de Paris. Un doux souffle brésilien

mercredi 25 mars 2015

J#4 au Salon du livre, l'aventure brésilienne

Dernier jour au Salon du livre de Paris. Un doux souffle brésilien

Nous avons demandé à Dominique, une de nos fidèles lectrices, si elle acceptait d'être notre envoyée spéciale au Salon du livre de Paris pendant 4 jours et de nous faire part de toute l'activité du Café littéraire de lecteurs.com mais aussi du Salon.
Dominique a accepté le défi avec beaucoup d'enthousiasme et a chaussé ses chaussures les plus confortables pour arpenter le Salon.
Merci Dominique !


Quatrième journée, lundi 23 mars 2015

 

10h00. J’arrive sur le Salon pour me consacrer à ma passion, le livre. Je réalise que c’est un véritable marathon pour les auteurs. Avant le Salon du livre, s’ils ne sont pas déjà en promotion de leurs romans, ils sont au calme dans leur bulle créatrice. Pendant le Salon du livre, ils doivent sortir de cette bulle pour dédicacer, parler, sourire, échanger, poser pour les innombrables photos qui seront prises en quelques heures, être prêts à lire tous les tweets, tous les posts échangés qui porteront leur nom. C’est la rançon de la gloire. Je trouve toujours un peu étrange et déstabilisant de passer à côté d’auteurs esseulés, une pile de livres posée devant eux, qui me parlent fort gentiment et avec passion de leur roman, alors qu’à quelques mètres, une file gigantesque se constitue, avec des fans imperturbables, prêts à toutes les attentes, à tous les efforts pour obtenir La dédicace, Le dessin, de leur auteur favori.
Je pense à tous ces auteurs pour lesquels les files d’attentes se comptaient en heures : Marc Levy, Tatiana de Rosnay, Gilles Legardinier, Marc Lavoine, Michel Bussi, Jean D’Ormesson, Amélie Nothomb et ses chapeaux, Ken Follet, pour les principaux, sans compter les auteurs et surtout dessinateurs de BD, là il faut s’armer de courage pour y aller, c’est très long.

Le Salon ce sont aussi tous les élus qui se doivent de passer par là, plus ou moins intéressés, au pas de course pour certains, un mot par ci par là pour d’autres. Entourés d’une foule toujours, étonnée, intéressée, flattée.

11h00. Les libraires partenaires de parislibrairies.fr sont sur le stand pour donner les derniers conseils de lecture. Toujours intéressants, vous retrouverez toutes leurs vidéos sur le site lecteurs.com très rapidement.

15h30. Pour clore les rencontres sur le stand de lecteurs.com, Claire Fercak parle de son roman Histoires naturelles de l'oubli aux éditions Verticales.

Dans ce roman nous allons découvrir deux personnages étranges, un soigneur dans une ménagerie, que l’on retrouve sans connaissance, il a perdu ses souvenirs et est à la recherche de la mémoire. Il essaie de se créer une nouvelle vie. Puis Suzanne, une femme qui essaie de continuer sa vie comme si un événement n'était jamais arrivé. Apparemment, ces deux personnages sont dans l’impossibilité de vivre sereinement avec le monde social, avec les contraintes humaines.

Etonnant, Claire Frecak nous explique qu’elle ne savait pas à l’avance où son récit allait la conduire. Elle a écrit les deux personnages en parallèle, puis l'un et l'autre. L’auteur aime avoir des thèmes différents à explorer, emmener le lecteur là où elle souhaite. Son roman aborde de nombreux les thèmes, coma, folie, blessure de l'amour, le commencement et la mort, le tout dans une dimension poétique qui emporte le lecteur dans une atmosphère très particulière.

Claire Fercak est éditée chez Verticales, la même maison d’édition que Maylis de Kerangal, Prix Orange du Livre 2014. L’éditeur, ici, c’est en fait deux personnes, un homme et une femme, Yves Pagès et Jeanne Guyon. S’ils ont beaucoup d'affinités, celles-ci passent par des chemins différents, ils ont forcément un regard différent sur les romans, ayant des vies différentes, des parcours différents, l’un d’eux est auteur, l'autre lecteur. Ils pensent donc que si le texte leur parle à tous les deux, il devrait parler également aux lecteurs. Je trouve l’idée de ce binôme particulièrement intéressante. Ils disent avoir suivi avec beaucoup de joie ce livre qui a mûri sous la plume de l'auteur.

Quand ils valident un livre, ils se rencontrent à deux, travaillent à deux, discutent et relisent à deux, c’est un collectif à deux en quelques sorte. Bien sûr ils ont des opinions, des goûts, des usages, des parcours différents, mais la discussion peut les faire changer d'avis, ils ne savent jamais d’avance où ça va finir. Ainsi ils ont perçu différemment le fait qu’un personnage parle au présent et l'autre au passé, et ce niveau de lecture différent fait avancer l’écrivain.

Les éditions Verticales, c’est l’éclectisme du catalogue, la fidélité et l’accompagnement d’auteurs très différents les uns des autres. Comme un cabinet de curiosité qui présente une diversité d’auteurs qui inventent la forme de ce qu'ils écrivent. L’éditeur finit en nous expliquant qu’à son avis, être cultivé c'est aimer les différences, alors que si on aime un seul livre on est un fanatique ! Et bien j’aime de nombreux livres, et ici sur le site de lecteurs.com, nous nous régalons des différences.

18h00. Les allées du Salon se vident peu à peu. Il y a encore quelques acheteurs au square culinaire, ce sont les amateurs des polars de Michèle Barrière qui vient de cuisiner une recette de quelque grand chef du 19e ou 18e siècle que l’on peut retrouver dans ses romans. Au rayon BD, il ne reste quasiment plus de tome 1 pour les principales séries. En parcourant les allées, je constate avec plaisir que les piles de livres ont bien baissé, enfin il y en avait tant qu’il est difficile de tout acheter.

Les promeneurs s’en vont, bras chargés de nombreuses lectures à venir, des souvenirs de rencontres.  

Hier, nous avons eu la surprise de voir défiler dans les allées bondées de monde, au rythme de maracas, près de 200 auteurs qui manifestaient contre le piratage du livre, la hausse de la TVA sur le livre numérique, en scandant de sonores « pas d’auteurs, pas de livres ». Il y avait du monde au Salon, le livre n’est pas mort mais il faut continuer à le faire vivre.

Sur le stand lecteurs.com, il est temps de se quitter. Quelle belle expérience, vous entraîner avec moi dans les allées du Salon du livre de Paris 2015 et sur le stand. Je vais vous retrouver sur le site, nous partagerons des idées de lectures, nous suivrons avec attention les délibérations du jury du Prix Orange du Livre, et nous mettrons sans doute en ligne nos avis sur quelques-uns des 30 livres sélectionnés, en attendant, je nous souhaite de belles lectures.

Pour clore et ne pas oublier le pays invité, je vous entraîne dans mon aventure brésilienne, en reprenant quelques titres de romans que j’ai vus en arpentant les allées du salon :

« Si je ferme les yeux quand Le soleil se couche à São Paulo j’imagine Tant et tant de chevaux  puis au loin un Paysage avec dromadaires. Alors, je pars à Belém avec Le voleur de cadavres pour y trouver L'or de Quipapà. A la Fin du voyage, je couche dans mes Carnets sauvages la belle lumière entrevue et ma découverte de cet immense pays qu’est le Brésil ».

 

Si je ferme les yeux, Edney Silvestre

Le soleil se couche à São Paulo, Bernardo Carvalho

Tant et tant de chevaux, Luiz Ruffato

Paysage avec dromadaires, Carola Saavedra

Belém, Edyr Augusto

Le voleur de cadavres, Patricia Melo

L'or de Quipapà, Hubert Tézenas

Fin, Fernanda Torres

Carnets sauvages, Betty Mindlin

 

© Dominique Sudre

 

Pour découvrir les billets de Dominique au Salon du livre de Paris : 

J#1 - Quand notre envoyée spéciale Dominique nous fait découvrir le Salon du livre

J#2 au Salon du livre, Dominique continue d'explorer les allées

J#3 au Salon du livre. Quand les ados nous bluffent...

J#4 au Salon du livre, l'aventure brésilienne

 

un grand merci à Dominique pour son implication.

 

Commentaires

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  • Sofi C le 26/03/2015 à 12h12

    Quel boulot bravo... Tout est dit ou presque. J'ai remarqué aussi les queues médiatisées électrisées pour les Marc Levy, Lavoine. J'en ai conclu que pour avoir du succès et des files de lectrices énamourées, s'appeler Marc L, avoir une belle gueule ou narrer des histoire d'amour était un plus indéniable. Enfin pour Marc Lavoine ce n'est pas sûr puisque j'ai rencontré deux femmes dans la file qui attendaient de faire dédicacer leur livre et qui ne savaient même pas ce qu'il racontait. Qu'est ce qu'il ne faut pas faire pour claquer la bise à Marc! :-)

  • virginie heber-suffrin le 25/03/2015 à 19h48

    Bravo Dominique pour tous ces moments partagés au salon. Beau reportage. Vite l'année prochaine pour se retrouver !!!! En attendant belles lectures à toi et à bientôt pour d'autres aventures !

  • Benoit LACOSTE le 25/03/2015 à 19h00

    Bravo Dominique! Quelle belle conclusion :)
    J'ai eu l'impression grace à toi d'être resté à Paris et de ne pas être rentré Vendredi.
    Bonnes lectures à toi aussi et à très bientot

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