#Défi d'écriture - les internautes prennent la plume avec Fanny Chiarello

lundi 21 septembre 2015

Un défi d'écriture pendant les Correspondances de Manosque

#Défi d'écriture - les internautes prennent la plume avec Fanny Chiarello

lecteurs.com est partenaire du Festival littéraire Les Correspondances de Manosque qui se déroule cette année du 23 au 27 septembre 2015.        

Les Correspondances mettent en avant une littérature vivante. A l'occasion de notre partenariat avec le festival, lecteurs.com organise, sous l'égide de Fanny Chiarello, lauréate du Prix Orange du Livre 2015,  l'écriture progressive d'un cadavre exquis sous forme d'échange épistolaire.

Chaque jour, du 23 septembre au 3 octobre, les dix internautes sélectionnés devront, à tour de rôle selon un ordre de passage précis, continuer l'histoire initiée par Fanny Chiarello. Enfin, le 5 octobre, Fanny Chiarello conclura cet échange.

C'est parti pour 10 jours de suspense !

Redécouvrez les précédents défis d'écriture, sous l'égide de Franck Thilliez, d'Emmanuel Grand et de Ian Manook.

 

 

Première lettre :

Madame,

Je sais que vous êtes en possession du texte. Il se trouve que je le cherche depuis des années. Je comprends les précautions qu'il vous faut prendre, dans l'inconfortable position qui est la vôtre, et je m'engage à vous fournir toutes les garanties nécessaires à votre sécurité. J'ai des raisons de penser que je pourrai faire du texte l'usage auquel le destinait idéalement son auteur – des raisons de croire que je suis la bonne personne.
Voyez une preuve de ma bonne foi quand je vous dis que, bien exploité, il pourrait avoir sur le monde une empreinte salutaire. Vous devinerez à ces mots que mon initiation a été faite, et qu'elle l'a été par un personnage de premier plan. C'est pour protéger ce dernier que je ne vous livre pas immédiatement tous les renseignements concernant mon identité, mes fonctions et le mode opératoire que je compte adopter.
Il me faut d'abord la certitude que mon informateur ne me manipule pas, ni n'a été lui-même manipulé. Je vous propose donc, dans un premier temps, de m'envoyer les trois premiers mots et les trois derniers mots du texte, à l'adresse indiquée au dos de l'enveloppe, en poste restante. Suivront les premières preuves de mon engagement.
Soyez prudente.

Bien à vous.

© Fanny Chiarello

 

Monsieur,

J'attendais votre lettre : je sais tout à fait qui vous êtes. Votre mère est anglaise et quand vous souriez, une adorable fossette se dessine sur votre joue gauche. Oui, nous nous sommes déjà croisés, mais j’ai pris soin d'être l'unique à pouvoir en témoigner. Enchantée.
Au dos de l'enveloppe, vous avez compris notre intérêt commun. Toutefois, les six mots sont volontairement dans le désordre. Vous saisissez pourquoi, et partagez désormais mon vertige. Car permettez-moi d'insister, Monsieur : ce texte est une bombe à retardement, le secret le mieux gardé de notre société moderne.
Cet homme dont vous parlez... votre initiation : considérez Albert comme votre cerveau. Il aura tout fait pour protéger mon père et sa plume. Puisse son enseignement nous permettre d'achever cette mission. Vous le savez comme moi, à partir d'ici les choses iront très vite : nous ne devrons communiquer que par lettres, à une cadence ne souffrant aucun défaut.
Donnez-moi en réponse l'ordre des six mots, notre première étape et la date de naissance d'Albert.
Sans réponse ce jeudi, je quitterai la ville ; vous saurez quoi faire.
Une dernière chose : relisez cette lettre et brûlez-la.

A vous de jouer, Monsieur B.

© Fanny Ht

 

Madame,

J’ai récupéré votre missive les mains tremblantes. Je n’osais regarder le guichetier de peur de me trahir. Si près du but, ce serait dommage pour la confrérie. J’ai vécu tellement d’années dans l’ombre, que vivre enfin ce moment et ces échanges constitue la pierre angulaire de mon existence.
Dès que j’aurai le texte entre mes mains, je le diffuserai amplement ; j’ai les appuis et les connaissances nécessaires pour le faire. Le monde sera alors changé à jamais.

Pour vous prouver mon attachement à la cause, voici les mots dans l’ordre :
- "Une avancée mondiale" ;
- "Mort en retour" ;
- Et ce cher Al est né à une date tristement célèbre : le 30 janvier 1933.

La première étape sera de vous faire surveiller par mon meilleur homme. Vous le rencontrerez chez votre maraîcher dès ce soir, il vous demandera si les haricots sont tendres. Une fois la garde rapprochée enclenchée, nous pourrons alors passer à la prochaine étape. Donnez-moi en retour la confirmation de cette surveillance.
Restons sur nos gardes, la moindre inattention de notre part pourrait être fatale à la confrérie.

Bien à vous.

© Leiloona Chomow

 

Monsieur

Je suis allée faire mes courses hier soir. J’ai bien été chez mon marchand de légumes habituel, mais je n’ai pas vu votre homme. Alors je me suis rappelé qu’il s’agissait d’un maraîcher. Mon marchand m’a indiqué qu’il se fournissait principalement chez un producteur aux abords de la ville.

Je me suis rendue chez cet exploitant, dans l’espoir de voir votre homme. Sur le parcours, quelqu’un me suivait en voiture. J’ai pensé que c’était lui. Mais il semblait peu habile car je l’ai perdu plusieurs fois et ai dû attendre pour qu’il me retrouve. Arrivée chez le maraîcher, celui-ci m’a dit qu’il n’avait plus de haricots mais qu’il avait de belles carottes à cette époque. Votre homme, entré juste après moi a dit que si elles sont tendres, il en prendrait aussi. Le maraîcher a ajouté que cuites elles sont délicieuses. Carottes et haricots font bon ménage dans la jardinière ; j’ai pensé que l’homme pouvait être votre suiveur. Comme on poirotait tous les deux en attendant que le jardinier aille chercher les légumes, j’ai engagé la conversation. Apparemment il ne connait pas Albert, mais il est végétarien, certainement un rapport à votre confrérie car le texte parle aussi beaucoup des plaisirs de la chair.

Demain il m’invite au restaurant. Ce sera plus facile pour me surveiller. Peut-être m’en dira-t-il plus sur votre organisation. Rassurez-vous, j’ai placé le texte entre de bonnes mains.

Bien à vous

© Gilles Garaudet

 

Comme il me l’avait demandé, je me suis présentée le lendemain à l’adresse qu’il m’avait laissée. Une petite gargote sans prétention mais très bien tenue. A l’intérieur les tables étaient joliment mises et une subtile odeur de cuisine envahissait déjà la pièce. J’étais attendue par le maitre des lieux qui me fit signe et m’installa dans un espace plus retiré. Il me déposa une coupe de champagne, plaça devant moi un journal, puis se retira. J’entrepris sans attendre la lecture que l’on m’imposait.

Madame,

J’espère que l’on vous a bien installée. Je vous conseille de goûter au champagne pendant votre lecture ; une petite production mais d’un talent évident !
Votre petit jeu de cache-cache d’hier m’a beaucoup amusé mais il est temps maintenant d’être plus raisonnable. Les informations que je vais vous demander vont m’aider à mieux dévoiler votre attachement à la cause et être persuadé que vous êtes la personne que vous semblez être. Je sais que nous avons une passion commune pour le jeu d’échec aussi le logogriphe que je vais vous imposer va être pour vous un jeu d’enfant !
Vous dresserez une liste de noms correspondant à la description de chacun des pions que je vais vous donner. Vous déposerez cette liste dans une enveloppe et me l’adresserez, toujours suivant la même procédure.

- Les Dames vous regardent comme une rivale. Souvent enviée vous êtes surtout dérangeante. Une femme comme vous qui réussit avec facilités est une exception qui inquiète ; Les Fous vous ont vénérée de suite. Tout ce que vous entrepreniez était bien ; toutes les décisions prises étaient bonnes. Ils vous tiennent informés des derniers commérages, s’inquiètent de votre santé et n’oublient jamais votre anniversaire. Les Cavaliers sont sûrs d’eux-mêmes et de leur pouvoir de séduction qu’ils ont déjà mis à rude épreuve. Vous avez dû subir ces épreuves et parfois les laisser gagner. Le Roi s’est souvent tenu en retrait mais avec juste le nécessaire de parti-pris pour donner l’impression d’être là au bon moment. Sa véritable personnalité se manifeste discrètement  au travers de chacune des situations dans lesquelles il doit s’engager. Mais il n’est pas toujours maitre de ses agissements car la reine, beaucoup plus fourbe et ambitieuse, évolue de manière constante dans son ombre –

Cet exercice franchi, penserez-vous toujours que le texte est entre de bonnes mains ?

© christine welker

 

Madame,
 
Je veux retourner tout simplement aux trois premiers mots de ce texte, pour l'instant très mystérieux.
Je cite : "Une avancée mondiale".
De la science, des humains vers une accessible lumière, du progrès, d'une humanité toujours plus responsable, d'un retour aux choses simples de la vie, des peuples migrants qui s'acheminent vers un bonheur qu'ils croyent tel qu'ils l'espèrent ?
Tout ça et encore davantage, le manuscrit sera exhaustif pour tout le monde !
 
De quoi s'agit-il ?
La confrérie, l'organisation, le groupe, on peut nous définir comme ça, révélera, petit à petit, le contenu de ce livre à venir à toutes et à tous.
L'initiation des personnes passe à travers un détachement graduel des choses non importantes et frivoles de la vie.
Chacune, chacun fera ce parcours, certainement semé de difficultés et d'embuscades.
Attention, il s'agira d'une ascèse, mais surtout rien à voir avec le mysticisme tout court.
Les plaisirs de la chair ne seront pas décriés.
Les secrets d'un travailleur agricole peuvent nous déceler des conseils importants pour la survie du monde entier.
Je n'ai aucune intention de vous suivre dans le jeu des échecs et j'aurai tout le temps pour franchir le difficile exercice que vous m'avez proposé maintenant.
Beaucoup de choses m'ont effrayé et je suis hanté.
Le document est entre de bonnes mains et pour moi ça suffit indubitablement.

© jean gava

 

Monsieur,

Je comprends votre rejet des échecs, la vie est déjà assez compliqué, restons simple !
Ce manuscrit doit être publié, pour le bien de tous. En cela je crois qu'il serait bon que nous nous rencontrions "en vrai". Je crois qu'une avancée mondiale comme celle que nous désirons doit passer par l'humain, par le contact, par la bienveillance. Je ne veux plus vivre dans la peur. Je ne veux plus craindre le regard des autres. Je veux transmettre ce texte à l'humanité pour que nous en sortions tous grandit. 
Ce texte étant notre héritage, la confrérie doit comprendre qu'au moins une rencontre est nécessaire. J'entends les craintes d'être découverts avant la parution et le fait que le texte pourrait en être dévoyé mais peut-être devrions-nous prendre ce risque. Si cela peut vous rassurer je pourrais rencontrer les sympathisants à la cause les uns après les autres, en tête à tête pour juger de leur sérieux et ainsi nous pourrions organiser une grande réunion. Ne serait-ce pas magnifique que nous organisions une lecture entre nous ? Nous avons besoin de l'oralité pour concevoir un texte dans toute sa splendeur. Je pense qu'il est nécessaire de le lire à voix haute et de l'entendre pour en prendre possession et ainsi pouvoir le protéger et le défendre au mieux. 
J'attends votre retour avec impatience. 
Bien à vous.

© Julie Dardé

 

Madame,

Hier, un incident fâcheux est venu compromettre l’équilibre de la Confrérie. En effet, lors de notre séance hebdomadaire, chaque cinquième jour de la semaine sous l’égide des couleurs de l'arc­-en-ciel, un de nos membres intronisé par Albert, s'est trompé lors du "signe de reconnaissance".

Vous n’êtes pas sans savoir que la discipline est l'essence même de notre Ordre, grâce à laquelle, depuis des siècles, il a acquis un tel degré de perfection. À l'instar de nos précurseurs, nous nous devons de ne laisser aucune place au hasard, surtout si près du but. Préserver notre secret de nos ennemis ne sera possible qu'au prix d'une rigueur absolue. Il n'est pas donc pas à exclure qu'Albert ne soit pas celui qu'il prétend être, ce qui rend toute rencontre impossible pour l’instant. Ce texte pourrait tomber entre les mains de nos pires détracteurs et les plaies de l’Humanité recommenceraient à saigner. Une enquête interne est en cours. Par mesure de sécurité, nous avons exclu ce membre et changé notre chiffre symbolique. Quelques indices ont été distillés de part et d'autre dans cette lettre. Une fois en possession du nouveau chiffre, associez le au nom du chapitre de la table des matières de notre charte "fides, liber arbiter" que, en tant qu’initiée, on a dû vous remettre lors de votre rite de passage et renvoyez le moi. Sans réponse de ma part dans les 24h, considérez l'acte de trahison comme avéré et cachez le texte en lieu sûr, sans en aviser Albert.

Bien à vous.

© PASCALE QUIVIGER 

 

Monsieur,

L’incident que vous me décrivez corrobore la réticence que j’avais à divulguer le texte et j’ai bien peur que ce ne soit pas encore le « bon moment.
Il semble que des éléments extérieurs soient au courant de la "renaissance" de la Confrérie et de l’imminence d’une action qui pourrait changer le monde moderne. Plusieurs signes  auraient dû m’alerter : le fait que l’homme qui était chargé de me surveiller a disparu depuis hier ;  que ce soit vous qui m’informiez de l’incident et non Albert; enfin, j’ai reçu par courrier, une offre promotionnelle concernant une assurance vie. Cette publicité m’invitait à prendre contact avec un organisme bancaire du nom de "Fidélité" qui me garantissait des dividendes non imposables, des frais d’entrée à zéro euro et la possibilité de rompre le contrat au moment de mon choix…autrement dit : 0, fides, liber arbiter. Le courrier est daté du 27 septembre : date anniversaire de la mort de mon père.

L’acte de trahison d’Albert (car, qui d’autre que lui connaît tous les membres de notre organisation et les initie ?) était une probabilité. En tant qu’héritière directe du texte,  si je suis mon libre arbitre et la symbolique de mon rite de passage je dois repartir à zéro.
Mon intuition me pousse toutefois à vous faire confiance et je conserve l’envie de vous connaître. Un dernier mot de vous et je saurai à quoi m‘en tenir.

Bien à vous.

© Sophia Johnson

 

Madame,

J'ai perçu au travers de vos mots tant de doutes et d'hésitations. Notre confrérie est en effet sujette à de réelles trahisons extérieures mais je ne suis pas convaincu qu'Albert en soit l'instigateur.
Ces gens pernicieux essaient de semer le trouble auprès de notre fraternité afin de s'emparer de ce manuscrit à visée humanitaire.
Je sais de source mienne qu'Einstein en personne aurait commencé à écrire ces textes avec votre aïeul avant que votre père en continue sa rédaction.
Je vous le cite aujourd'hui sans codage et sans peurs pour que vous compreniez qui je suis et que vous puissiez fonder toute votre confiance en  moi, bien que n'ayant pas voulu entrer dans votre jeu des échecs.
Nous sommes frères au sein de notre Confrérie et je vous aiderai à divulguer ces textes, mais il faut agir vite ; les semeurs de troubles attendent de nos doutes notre premier faux pas et nous ne le ferons pas.
Une autre personne a corroboré à ces travaux à l'époque d'Einstein, vous devez le savoir. Je vous donne rendez-vous demain soir dans la chapelle des initiés, vous me direz son nom. Nous saurons alors qui nous sommes l'un pour l'autre et nous mettrons tout en œuvre pour faire la lumière sur ce texte fondateur et bienfaiteur pour l'humanité.
Restez sur vos gardes : notre confiance sans notre vigilance serait désuète et stérile.

Fraternellement vôtre

PS : Vos trois mots « mort en retour » m'ont quelque peu surpris. Avez-vous, vous aussi, défié la mort et franchi la porte du réel ?

@ Christel LACROIX

 

Monsieur,

Tout d’abord, vos doutes sur mon initiation m’ont troublée quelque peu. Oui, j’ai défié la mort et franchi la porte du réel. De cela vous ne devez point douter.
Quant à notre rencontre, ne devrions-nous pas choisir un autre endroit que celui de Notre Sainte Chapelle Radegonde dite Chapelle des Initiés. Un des gardiens pourrait surprendre notre entrevue et qui sait s’il n’est pas un traître. Non, mon Cher, soyons plus prudents, n’oubliez pas la grandeur de notre tâche.
L’Avenir de notre Monde, de notre Terre dépend de notre habilité à déjouer les conspirateurs et à protéger L’Œuvre. J’ajouterai que ce texte représente la seule richesse de ma famille. Sa quête et sa protection ont conduit au sacrifice de beaucoup de mes proches et cela vous ne pouvez l’ignorer.
Par conséquent, rien ni personne ne pourra m’empêcher d’accomplir l’ultime mission : dévoiler au monde le manuscrit. Et ne pensez pas que cela me pétrifie parce que je suis une femme. J’assumerai mon devoir jusqu’au bout avec ou sans vous.
Alors afin de vérifier la véracité de vos dires et la sincérité de votre démarche, je vous invite à me rejoindre demain soir au Chemin des Gorges Rouges près de la Stèle Consacrée. Si vraiment votre initiation a été reconnue par nos Pairs, vous saurez me reconnaître.
Mais n’oubliez pas une chose, quoiqu’il se passe, L’Œuvre est en sûreté et vous n’y accéderez qui si vous en êtes digne…

Bien à vous

© lauriane cuenot

 

Madame,

Vous pouvez être assurée que je me trouverai demain soir au Chemin des Gorges Rouges : plutôt mettre ma vie en danger que de différer encore la passation du texte. Hélas, si je ne devais pas sortir indemne de cette aventure, je crains que nul ne sache jamais tirer du manuscrit plus qu'un fatras occulte. Vous-même semblez en mésestimer la portée, pardonnez-moi de vous le dire aussi crûment mais l'heure n'est plus à l'ego ni à la courtoisie. J'espère avoir l'occasion, demain, de vous montrer toute la portée du document à ce jour en votre possession.

Mieux, je vous promets, puisque nous n'avons plus rien à perdre, que je ferai de vous le témoin du plus grand bouleversement apporté par l'homme à la surface de cette planète depuis la bombe atomique. La formule est présente, quoique éparse, dans ce texte d'apparence platement ésotérique. Moi seul suis habilité à la reconstituer ; cela fait, je la lirai tout simplement à voix haute. Ce sera immédiat. Toutes les constructions humaines requérant une source d'énergie cesseront de fonctionner, irrémédiablement. Il faudra tout reprendre autrement. Il faudra réapprendre à parler. Bientôt, il n'y aura plus de munitions et, en l'absence d'usines d'armement pour les remplacer, il faudra reconsidérer le moyen de vivre et de mourir ensemble.

Peut-être cela vous effraie-t-il, mais vous n'avez plus vraiment le choix, Mme Feynman. Au fil des lettres, vous le voyez, je suis parvenu à vous identifier nommément. Si je n'envoie pas cette lettre directement chez vous ou ne la glisse pas moi-même sous votre porte, c'est uniquement dans la crainte que votre domicile ne soit surveillé. Inutile de tenter la fuite, je suis près de vous, très près, depuis plusieurs jours déjà.

Une fossette, disiez-vous ? C'est tellement drôle. Vous ne savez même pas qui je suis...

À demain soir.

© Fanny Chiarello

 

Un grand merci à Fanny Chiarello qui vient de conclure ce défi d'écriture, et à tous nos lecteurs qui ont participé et se sont transformés en auteurs talentueux et imaginatifs !
Merci également  à tous les candidats, le choix était difficile, mais nous comptons sur vous pour les prochains défis littéraires sur lecteurs.com

On vous promet de nouveaux cadavres exquis sur lecteurs.com, et on compte sur vous ! 
Alors... Que pensez-vous de ces échanges ?

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