Danse noire de Nancy Huston

vendredi 22 novembre 2013

Travelling avant, travelling arrière

Danse noire de Nancy Huston

Nancy Huston est née au Canada en 1953.
À vingt ans, elle arrive à Paris pour poursuivre ses études et devient l'élève de Roland Barthes.

En 1981, paraît son premier roman, Les variations Goldberg, qui reçoit le Prix Contre-point. D'autres suivront, souvent récompensés : Instruments des ténèbres (prix Goncourt des lycéens et prix du Livre Inter – 1996), L'Empreinte de l'ange (Grand Prix des Lectrices de ELLE – 1998), Ligne de faille (prix Fémina et prix France Télévisions – 2006). Son dernier opus, Danse Noire, véritable voyage dans le temps et l'espace traite de la transmission et des origines par un triple récit transgénérationnel.

Milo, à l'hôpital, vit ses dernières heures. À son chevet, le réalisateur new-yorkais, Paul Schwartz, son compagnon, lui décrit minutieusement le film qu'ils pourraient réaliser ensemble pour raconter son étonnante vie.

Comme une dentelle se tissent sous les yeux du lecteur des bribes de vie, qui mises bout à bout dessinent l'histoire de Milo et de ses ascendants.

L'histoire-film débute en 1910, lorsque Neil, le grand-père irlandais de Milo, fuit son pays pour gagner le nouveau monde et avec lui, la notoriété d'écrivain dont il rêve. Puis zoom sur Awinita, prostituée indienne et Declan, fils de Neil… les parents de Milo.
Milo qui, abandonné à la naissance, ira de foyer en foyer, avant que son grand-père décide de accueillir chez lui, où il ne sera pas heureux, car élevé par une tante méchante et perfide.

Les trois temps de l'histoire se croisent et se répondent habilement, mélangeant les époques dans un style étonnant, presque froid car très factuel, comme des descriptions techniques de plans cinématographiques. "Série de scènes en champ/contrechamp. Pas de dialogue, seulement de la musique : tube des Beatles, peut-être ? Nous sommes en 1964".
Les commentaires que font Milo et Paul à mesure que s'écrit le scénario ajoutent à cette distance : "Euh, je m'excuse, Milo, mais... tu crois qu'on va pouvoir dégoter un acteur pour ce rôle-là ?"

Aux trois temps, répondent trois langues, avec des dialogues tour à tour en français, en anglais (traduits en bas de page) et en argot québécois des années 50, parfois difficile à comprendre.

Admirablement documenté et malgré une lecture rendue laborieuse par la cohabitation de trois langues, ce roman est une prouesse narrative passionnante. Le film de trois destins traversés par les violences de leur époque et de leur histoire familiale.

Agathe Bozon

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