[Club des Explorateurs] #62 « Théodose Le Petit » de Razvan Radulescu

lundi 01 août 2016

[Club des Explorateurs] #62 « Théodose Le Petit » de Razvan Radulescu

Le Club des Explorateurs permet chaque semaine à deux lecteurs de lire un même titre que nous avons sélectionné pour eux et de confronter ainsi leur point de vue.

Cette semaine, Virginie et Nadia, nos deux Exploratrices, ont découvert Théodose Le Petit de Razvan Radulescu publié par les éditions Zulma

 

L’avis de Virginie Vertigo :

 

Comment ne pas être intriguée par ce pavé de 500 pages à la couverture magnifique, faite de fraises et de champignons, et à la quatrième de couverture mystérieuse ?

Théodose Le Petit de Razvan Radulescu m’a plongée dans un univers étonnant et décalé mais avec un fond tout ce qu’il y a de plus réaliste.

Théodose est l’héritier du royaume imaginaire de Bucarest. Encore trop jeune pour régner, il est pris en charge par un tuteur, Gabriel le Chatchien. Ce dernier lui enseigne progressivement l’art de gouverner et lui fait découvrir son royaume comme la fraiseraie de la chouette Calliope ou la champignonnière du minotaure Samuel. Cependant, le pouvoir de Théodose est en danger car le Silure qui gouverne le Lac Froid et Otto d’Ottoberg, un despote, s’allient pour s’emparer du royaume. Comment le Chatchien et Théodose peuvent-ils faire face à cette menace ?

 

Les premières pages déconcertent quand on découvre cet univers fantastique peuplé de créatures diverses et variées comme des fourmis vertes et violettes, des fantômes, des personnages mythiques tels le Grand Monstrelet ou le Minotaure. Je me suis aussi un peu perdue dans la géographie de ce royaume. Heureusement, l’auteur a pensé à tout et a intégré - certes au bout d’une bonne centaine de pages - une carte de ce royaume imaginaire.

 

Une fois ce cap franchi, je me suis passionnée pour les intrigues, manigances politiques : les alliances, les trahisons, les bassesses. C’est ce qui fait d’ailleurs la force de ce livre : du fantastique avec une satire politique, le tout sur un ton décalé. Le ton est humoristique quand l’auteur fait parler de lui par ses personnages : « Tu as raison, convient le Chatchien. Si ce roman avait été bien écrit, avec beaucoup plus de souci du détail et un peu moins de prétentions expérimentales, la scène de mon évasion se serait présentée un peu près ainsi… ». L’auteur expose aussi ses différends avec son éditeur dans des notes de bas de pages ou dans une lettre publiée dans le roman : « En pleine contradiction avec les propos d’Otto, l’éditeur a censuré le passage qui contenait la description sommaire de l’éviscérateur bucco-ano-vaccumatique, et l’a fait sans me prévenir. Le scandale qui s’est ensuivi ne mérite l’attention de personne… » Là encore, où est la part d’imaginaire et de réel ?

 

Cependant, j’avoue qu’aux deux tiers du livre, j’ai ressenti une certaine lassitude, une rupture de rythme, des longueurs. Il a fallu attendre les cinquante dernières pages, avec la description de la bataille, pour retrouver le souffle du début du roman. Je pense que le récit aurait gagné à être allégé d’au moins une centaine de pages. Bon, j’avoue que je ne suis pas toujours bonne conseillère en la matière, je n’aime pas trop les longs romans.

Dernière remarque, le personnage de Théodose, certes important politiquement mais secondaire dans l’action du roman, ne méritait peut-être pas d’être en titre. J’aurais préféré quelque chose de plus décalé.

Si vous souhaitez donc un contenu à la fois épique, absurde mais aussi réaliste, ce roman est fait pour vous, sinon passez votre chemin.

 

© Virginie Vertigo 

 

L’avis de Nadia Christin :

 

Théodose le Petit est promit à régner sur le royaume. Chatchien, son Tuteur Plénipotentiaire, l’aide dans son accès au trône et l’éduque en ce sens. Mais c’était sans compter sur Silure et Otto, qui sont bien déterminés à renverser le trône de Théodose.

Le début de cette lecture a été pour moi plutôt laborieux, tant l’univers qui nous est décrit est spécial et déroutant. Une chouette et un minotaure qui se détestent depuis toujours, l’un a une plantation de fraises, l’autre une de champignon, un poisson et un duc qui complotent ensemble, autant de choses qui font que cet univers ne plaira pas forcément à tout le monde. Dès le début on est plongé dans cette histoire et ce monde un peu loufoque, sans comprendre forcément de quoi il en retourne de prime abord. Malgré tout, après quelques chapitres, on est pris dans l’histoire et on a hâte de savoir comment tout cela va se terminer.

 

Entre complots, alliances et résistance, le règne de Théodose ne sera donc pas de tout repos, et l’on suit ces aventures avec avidité et plaisir.

La présence de lettres entre chaque chapitre est plaisante et est un point qui m’a beaucoup plu. Ces lettres nous permettent de voir une autre facette de l’histoire et d’avoir le point de vue de la résistance qui s’organise.

Avec un univers déjà dense, la longueur de ce livre n’aide pas à sa lecture. Au bout d’un moment c’est assez indigeste je trouve. Bien que l’histoire de complot soit intéressante, elle ne suffit pas à faire oublier ces quelques 500 pages. Du coup la lecture devient plus ardue sur la fin.

Une lecture en demi-teinte donc, face à laquelle mon sentiment reste mitigé.

 

© Nadia Christin

 

 

 

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