Ciels d’Orage, Conversations avec Christophe Ono-dit-Biot

mardi 03 janvier 2012

En tête à tête avec Bilal

Ciels d’Orage, Conversations avec Christophe Ono-dit-Biot

Pour ses 60 ans, Enki Bilal inverse la coutume et offre à ses lecteurs un cadeau sous forme d’une confession conversée avec Christophe Ono-dit-Biot. Un portrait vivant, parlé, bourré d’une pudeur émouvante mais sans tricherie, qui trace la ligne de l’œuvre d’un des plus grands dessinateurs de bande dessinée, plus encore, d’un visionnaire complexe et contesté de notre temps.

 

 

 

 

 

 

42 heures d’entretien : c’est le temps qu’Enki Bilal, l’ermite, le discret, le si peu disert et génial Bilal a donné à Christophe Ono-dit-Biot pour un livre intitulé Ciels d’Orage sorti chez Flammarion à l’automne. On se demande quel est l’épaisseur du silence accordé à ces entretiens, tant le bonhomme est connu pour préserver son intimité taciturne, et l’on est surpris, et fasciné, par les révélations que l’auteur de la trilogie Nikopol a consenti.

Le fils de l’ex-tailleur de Tito est né dans un pays qui n’existe plus, la Yougoslavie, d’une mère tchèque et catholique et d’un père bosniaque et musulman qui l’abandonnera très tôt pour partir en France. Des origines complexes qu’il ne reniera jamais, auxquelles il ajoutera une passion pour la langue française à son arrivée en France.

Rapidement dans le livre, la biographie, l’imaginaire et l’œuvre se lancent des ponts incessants, et l’on dénichera le secret de ses gris du côté de l’écrivain Lovecraft, la mémoire de la Yougoslavie dans son œuvre, le football dans la géopolitique, le cinéma et la prochaine adaptation d’Animal’z en décors 3D. Et puis les femmes, sa relation à l’intime, sa transposition dans le dessin, l’érotisme mais l’absence de scènes de sexe ou de maternité dans ses histoires : Bilal ouvre la « boîte noire » de son univers.

Pour interviewer Bilal, il fallait non seulement un connaisseur de son œuvre, mais surtout un écrivain, capable de pénétrer son univers en frère d’armes, mû lui aussi par l’énergie indicible de la création, qui sache le titiller au-delà de la bio-bibliographie. Mais aussi un gosse de 10 ans jamais revenu de La Foire aux Immortels et du souvenir d’une pyramide en suspension au-dessus de la ville. Pas simple en effet de faire oublier le « phénomène » Enki Bilal, peintre, et cinéaste qui se parle en chiffres, le seul dessinateur vivant à battre des records dans les salles de ventes aux enchères. Christophe Ono-dit-Biot réussit le pari de dézinguer le mythe figé Bilal pour en extirper le grand artiste de la gangue brisée.

Karine Papillaud

Ciels d’Orage, Conversations avec Christophe Ono-dit-Biot, Enki Billal,  (Flammarion), 2011

Où trouver « La trilogie Nikopol ; la foire aux immortels, la femme piège, froid équateur » en librairie ?

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