[Chronique] #58 Club des Explorateurs : "La ville haute" d’Eliane Serdan

lundi 13 juin 2016

[Chronique] #58  Club des Explorateurs : "La ville haute" d’Eliane Serdan

Le Club des Explorateurs permet chaque semaine à deux lecteurs de lire un même titre que nous avons sélectionné pour eux et de confronter ainsi leur point de vue.

 

Cette semaine, Céline et Isabelle , nos deux exploratrices ont lu La ville haute d’Eliane Serdan, (Serge Safran éditeur)

 

 

L’avis de Céline :

Lorsque Lecteurs.com m'a envoyé ce roman, j'avoue que je ne connaissais ni la maison d'édition, ni l'auteur. J'aime être surprise en littérature, et cela a été le cas avec ce livre.
"La ville haute" est le quatrième roman de l'auteur, et il m'a assurément donné envie de lire les trois premiers ! Plutôt bon signe non ? ;)
Cet écrivain franco-libanais nous parle dans ces pages de l'exil d'une petite fille, Anna, qui a quitté le Liban avec ses parents en 1956.
Un soir, de façon complètement impromptue, elle fait la connaissance d'un vieil homme, Pierre, qui s'est mutilé la main en exerçant son métier de relieur et qui, à l'âge de 9 ans, a perdu sa compagne d'enfance Anouche enlevée en Turquie.
Cette coïncidence va leur permettre de libérer tout leur être de bien tristes fardeaux en provoquant la vérité.
Sur fond d'écriture toute en finesse, élégante et joliment contemplative, deux solitudes vont se rencontrer et se faire écho pour mieux appréhender le manque de deux "là-bas" vécus et qu'ils tiennent à retrouver coûte que coûte.
En filigrane, l'évocation du génocide arménien ne peut pas laisser indifférent.

C'est pudique. C'est sobre.
C'est faussement silencieux.
C'est émouvant.
C'est beau !
Merci à l'équipe Lecteurs de m'avoir mis ce petit livre des plus précieux entre les mains.
Je serais certainement passée à côté pour ne pas en avoir du tout entendu parler et cela aurait été fort dommage...
Belle lecture à tous !

 

© Céline Huet

 

L’avis d’isabelle :

Émouvante histoire d'une rencontre. 
Ce roman tout en poésie, nous entraîne dans les pas d'une petite exilée qui, sans le vouloir, participe à la reconstruction d'un homme blessé par un drame d'enfance.
L'auteur nous conduit dans les ruelles charmantes d’un village du sud de la France, à l’ombre des oliviers.
Mais pour nos deux protagonistes que toute cette beauté ne parvient cependant  pas à réconforter, la solitude est bien grande.
Pour Pierre, relieur qui se remet difficilement d’un accident du travail et reste enfermé chez lui et pour Anna petite émigrée, récemment arrivée de Beyrouth.
Leur rencontre fortuite permettra à l'un et à l'autre de se reconstruire et d' oser prendre un nouveau départ.
Belle découverte que ce roman que l'on lit d'une traite, à fleur d'émotion.
L'évocation par ailleurs du génocide arménien ajoute de l’intensité à ce récit à deux voix.

 

© Isabelle Carrere

 

 

 Merci à Céline et Isabelles pour leurs avis.

 

Pour aller plus loin :

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