Christian Giraud : « Les salons sont essentiels pour la filière livre »

mardi 06 mars 2012

Christian Giraud : « Les salons sont essentiels pour la filière livre »

Responsable de MPO COM, organisateur d’événements littéraires à Saint-Etienne, Toulon, Nice, Nîmes et ailleurs, Christian Giraud détaille le fonctionnement et le poids économique de ces fêtes du livre.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Combien recense-t-on de salons du livre en France ? 
Entre 350 et 400. Certains n’ont pas lieu tous les ans ; ils n’ont pas tous la même forme et ne portent pas tous sur les mêmes sujets. Certains sont spécialisés, d’autres généralistes, avec des thématiques. Il y en a qui meurent, d’autres qui naissent chaque année.
 
Quelle est l’origine de ces salons ?
C’est Jacques Médecin (NDLR : maire de la ville à l'époque) qui a créé en 1968 le Salon du livre de Nice. C’était devenu un événement d’envergure internationale. Puis, avec la création du Salon du livre de Paris, en 1981, celui de Nice a périclité. Il a été recréé en 1996 sous une nouvelle mouture, avec des libraires.
 
C’est quoi, un salon du livre réussi ?
Un salon est jugé sur son plateau, ses invités, sa fréquentation, ses activités… Nous organisons souvent des conférences, des débats, des concerts, des lectures et des événements parallèles. Par exemple, à Toulon, fin 2011, nous avions une projection en avant-première de « La Délicatesse », le film réalisé par l’écrivain David Foenkinos.
 
Et en terme de fréquentation ?
A Toulon, lors de la dernière édition de la Fête du livre du Var, nous avons accueilli 350 auteurs pour 50 000 visiteurs en trois jours. A la Fête du livre de Saint-Etienne, ils étaient 80 000 visiteurs. 
 
Comment sélectionnez-vous les auteurs ? 
En fonction du profil de la manifestation, de la nouveauté, de l’actualité... Je précise que les politiques ne mettent pas leur nez dans les choix. Je prépare une liste et nous trouvons un compromis entre les éditeurs, les libraires et l’organisation. 
 
De quels autres événements littéraires vous occupez-vous ?
Nous organisons sept salons ou festivals, parfois spécialisés, comme le Festival Bulles de neige, sur la BD à Valberg, ou le Festival de la biographie à Nîmes. 
 
Quel est leur poids économique ?
C’est très important pour les ventes. Pour certaines petites librairies, ils représentent 30 % du chiffre d’affaires annuel. Un salon, ça commence un mois avant et ça finit un mois après : les livres sont commandés en amont et le libraire les garde en magasin par la suite. Mais il y a aussi l’impact économique en dehors du livre. On fait travailler plein de gens pendant trois jours : les intérimaires, les hôteliers, les restaurateurs… Il s’agit d’un produit d’appel touristique. Politiquement, c’est important pour un maire. 
 
Quel intérêt représentent-ils pour le public ?
Les gens ont besoin de mettre une tête sur le livre. Et les auteurs sont contents de rencontrer les lecteurs. Cela pousse les jeunes à lire. Il est important de ne pas avoir une image désincarnée de la littérature. 
 
 
 

 

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