"Car si l’on nous sépare" de Lisa Stromme [Club des Explorateurs #75]

vendredi 17 mars 2017

Editions Harper Collins

"Car si l’on nous sépare" de Lisa Stromme [Club des Explorateurs #75]

Le Club des Explorateurs permet à deux lecteurs de lire et chroniquer un même titre et de confronter ainsi deux points de vue.

 

Cette semaine, Frédérique et Aurélia ont lu Car si l’on nous sépare  de Lisa Stromme (Harper Collins)

 

L’avis de Frédérique :

A l’image de l’auteure Lisa Stromme, je n’ai vraiment découvert Munch qu’au moment de la vente record du Cri et n’ayant pas pu visiter le musée qui lui est dédié à Oslo en raison de sa fermeture tôt dans l’après-midi, j’ai découvert d’autres de ses œuvres lors d’une exposition au musée Marmotan Monet en 2016. C’est donc avec de beaux souvenirs des paysages magnifiques de Norvège et des œuvres parfois flamboyantes, parfois sinistres de Munch que je me suis plongée agréablement dans « Car si l’on nous sépare ».


Ce premier roman est très bien écrit, fluide et simple à lire. L’auteure nous fait vivre un été au bord du fjord à la fin du 19ème siècle dans un village où les habitants de la capitale viennent prendre leurs quartiers durant les beaux jours.
La narratrice Johanne a 16 ans, issue d’une famille simple, elle a été peinte enfant par un célèbre peintre Hans Heyerdahl qui loue leur maison aux parents de Johanne. Elle est passionnée par les couleurs, par la peinture et les sentiments qu’elle anime. Entrée au service d’une famille de bourgeois comme servante, elle devient amie avec la fille cadette Tullik qui tombe éperdument amoureuse du peintre fou qui séjourne là, Edvard Munch. Cet amour est impossible, mais à travers lui on découvre certaines œuvres majeures de Munch, son caractère, sa vie et la vie de ses congénères.

Le roman montre bien les réticences des gens de l’époque par rapport aux personnes hors normes, le poids du qu’en dira-t-on, les efforts des gens simples à se bien faire voir des bourgeois. Les deux mondes me semblent bien décrits et doivent pouvoir être transposés dans n’importe quel pays.
J’ai beaucoup aimé la poésie du texte, l’association que fait Johanne entre ses sentiments et ressentis et les couleurs, la naissance de son amour pour Thomas, ses doutes et tiraillements entre ses envies et la vie qui lui est promise … L’histoire du cri, la façon dont Johanne ressent cette œuvre et la façon dont elle l’accompagne est un magnifique passage.

J’ai aussi beaucoup aimé les descriptions des paysages, des atmosphères. En conclusion « Car si l’on nous sépare » m’a permis un joli voyage littéraire dans ce pays magnifique, il m’a donné envie de revenir en Norvège et de découvrir plus et mieux l’œuvre de Munch.
Merci à Dominique et à lecteurs.com de m’avoir permis de découvrir ce roman.

Mes passages préférés :
« Tristesse.
Le cœur lourd, malade, muet.
Indigo. Outremer. Bleu nuit du fond des mers.
Les ténèbres m’encerclent, ombres allongées, lugubres et inquiétantes. Nuit d’encre »
« Son amour ne me volerait pas mes couleurs. A l’instar des pigments de cadmium, il ne ferait que les rendre plus éclatantes, plus lumineuses ».

 

© Frédérique Camps

 

L’avis d’Aurélia G :

Dans son premier roman, Lisa Stromme nous fait découvrir un petit village de Norvège à la fin du XIXème siècle. Un grand nombre d’artistes viennent s’y installer afin d’y passer l’été et profiter des magnifiques lumières du fjord. Johanne, tout juste 16 ans, est rentrée au service d’une noble famille pour cette même période estivale et se lie d’amitié très vite avec Tullik Ihlen, la fille cadette malgré les conventions.

Cette jeune femme très belle et fragile va entrainer sa servante dans une histoire d’amour passionnée avec un artiste qui deviendra, des années plus tard, le peintre norvégien le plus connu du monde : Edward Munch. L’auteure nous raconte l’histoire de son œuvre la plus célèbre : Le Cri. Et si cette toile était avant tout le cri d’une femme impuissante face à un amour impossible, dévorant.

La mélancolie de Munch, ainsi que sa survie au quotidien uniquement pour créer et peindre transparaissent extrêmement bien grâce à une écriture sensuelle et à fleur de peau. Ce roman devient  un tableau que le lecteur contemple puis explore. En effet, Johanne, elle-même passionnée de dessin, aura accès à l’atelier de Munch où elle pourra alors s’essayer à peindre ce qu’elle ressent. Ainsi, durant sa journée même au service des Ihlen, chacun de ses états d’âme devient une couleur et l’Art, un compagnon de route.

Par cette écriture très visuelle, nous pénétrons les différentes couches de ce tableau et nous laissons complètement envouter par cette très belle histoire.

 

© Aurélia Gouhier

 

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