Auto-publication : la success-story de David Forrest

mercredi 26 septembre 2012

Auto-publication : la success-story de David Forrest

 

Dans la vie de tous les jours, il est journaliste spécialisé dans les loisirs numériques. Dans le secret de sa cave, près de Nantes, David Forrest écrit des romans noirs, tels En Série ou Légion… De véritables best-sellers qui caracolent en tête des ventes d’e-books, loin devant Amélie Nothomb ou Fred Vargas. Un coup de maître quand l’on sait que David Forrest court-circuite toutes les règles de l’édition classique : sans promo, ni média, ni éditeur, il s’auto-publie et connaît un véritable succès ! Entretien avec un auteur 2.0 
 
 
 
 
 
 
 
Pourquoi avoir fait le choix de l’auto-édition ?
J’avais, dans mes tiroirs, une multitude de romans ébauchés… Des amis semi-professionnels à qui j’avais soumis mes écrits m’ont assuré de leur qualité : je me suis lancé ! En bon geek, j’ai opté d’emblée pour l’aventure innovante de l’auto-édition, loin de ce dinosaure qu’est l’édition « classique ». J’ai donc publié en ligne mon premier roman : d’abord sur l’iBookstore d’Apple, puis sur la boutique Kindle d’Amazon, sur Kobo... Je trouvais stimulant de me confronter directement, sans faux-semblant, au lecteur, seul juge, impitoyable, de la viabilité de mes écrits : une épreuve du feu ! 
Dès la mise en ligne de votre premier roman, le succès a été au rendez-vous… 
Oui, à ma grande surprise. Je l’ai publié en mai 2011 et,  deux mois plus tard, il se classait chez Apple parmi les meilleures ventes avec plusieurs centaines d’exemplaires écoulés. Champagne ! Pourtant, au début, je n’avais pas fait de promotion : je ne voulais pas brouiller les pistes du lecteur. J’exigeais de la sincérité, de l’authenticité. Ensuite, les ventes ont entraîné la médiatisation, et vice versa… Dans une certaines mesures, mes livres sont des « best-sellers » numériques.
 
L’auteur fait tout lui-même ! N’est-ce pas contraignant ?
Une fois le livre écrit, vient, en effet, tout le travail d’édition et de correction, la fabrication de la couverture… Il faut mettre les mains dans le cambouis. Nous sommes isolés, sans contacts directs avec nos « éditeurs », mais cela fait aussi le sel de l’aventure. 
 
S’agit-il d’une activité rentable ?
Par rapport à l’édition classique, certainement. Sur un ouvrage qui coûte 3 € en numérique, je touche 2 € (60-70 %) : l’équivalent de ce que gagne un auteur qui a bien négocié son contrat « classique » sur un livre à 20 € ! Pour autant, ce n’est pas une activité à temps plein : juste un loisir lucratif.
 
Vous éditez aussi vos ouvrages sur papier ?
Oui, sur Amazon. Je vends mes ouvrages à 10 € et touche toujours 2 €. Le livre est imprimé quand la personne l’achète : il n’y a pas de stocks, pas de pilon, une qualité exceptionnelle… Que du bénéfice !
Quelles mises en garde adresseriez-vous aux écrivains désireux de se lancer dans l’aventure ?
Il ne faut pas s’attendre à un Eldorado. Déjà, en librairie « physique », il y a énormément de livres, alors qu’une présélection est réalisée en amont. Donc, en numérique, il faut pouvoir se démarquer parmi une infinité d’ouvrages. Et puis, en France, le marché de l’auto-publication est loin d’être aussi ouvert, connu et rentable qu’aux États-Unis. Malgré cela, j’encourage les auteurs à tenter la démarche…
 
Ce système ne souffre-t-il pas de l’image d’une publication « au rabais » ? 
L’auto-édition a, en effet, longtemps été synonyme d’édition à « compte d’auteurs », c’est à dire par défaut, lorsqu’on a frappé à toutes les portes et qu’il ne reste que cette brèche. L’image, désormais, évolue. Elle permet une autre approche du lecteur, une proximité avec lui, mais aussi une modification des habitudes de lecture… 
 

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