A quoi servent les agents littéraires ?

lundi 21 novembre 2011

Une profession à la page

A quoi servent les agents littéraires ?

Intermédiaire entre l’auteur et l’éditeur, l’agent est un rouage mal connu de la vie littéraire. S’il se révèle incontournable à l’étranger, l’édition française semble encore lui résister.

« Dans le monde littéraire anglo-saxon, si on veut publier un livre, on cherche d'abord un agent. Je comprends que cela perturbe certains en France. » Cette citation vient d’un auteur américain initialement publié en France. Et pas n’importe lequel : Jonathan Littell, prix Goncourt 2006 avec Les Bienveillantes, son premier roman.

 

 

 

 

Mais quelle est la fonction d’un agent ? 
Il lit le manuscrit de son client (l’auteur) et le propose à la maison d’édition qu’il juge adéquate. Puis, il représente les intérêts de son client auprès de cette dernière. Ce qui implique des négociations. L’agent s’occupera également des diverses cessions de droits  (traduction, poche, audiovisuel, numérique). Le plus souvent, il est payé à la commission, entre 10 et 15 %. 

Dans le cas de Littell, l’agent Andrew Nurnberg a vendu Les Bienveillantes chez Gallimard, mais a refusé de céder les droits internationaux à l’éditeur. Gallimard ne touche donc pas un euro sur les ventes du roman à l’étranger. Un système qui dérange certains acteurs du marché.

D’après une étude du MOTif, l’observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France, on recense une vingtaine d’agences littéraires en France. Deux d’entre elles sortent du lot. Connue pour le fameux transfert de Michel Houellebecq de Flammarion à Fayard en 2004, l’agence Intertalent, de François-Marie Samuelson, représente Fred Vargas, Alexandre Jardin, Régis Jauffret ou Bernard-Henry Lévy. Susanna Lea Associates, elle, est spécialisée dans les gros vendeurs à potentiel international (Marc Levy, Marek Halter, Ingrid Betancourt…).

 

La force de ces deux mastodontes ?
Leurs liens avec le cinéma. D’autres agences comptent, comme celles de Pierre Astier (voir interview),  de Virginia López Ballesteros, ou encore de Didier Imbot (Global literary management). 

On constate que ce sont plutôt les « gros auteurs » qui sont représentés, ceux qui sont susceptibles d’être traduits et adaptés. Seuls 300 écrivains auraient un agent, sur les 2 000 affiliés à l’Agessa, la sécurité sociale des auteurs. La plupart des auteurs français n’ont donc pas d’intermédiaires mandatés et n’en ressentent pas le besoin : « Je ne connais rien aux agents littéraires et je n’en ai jamais discuté avec qui que ce soit », explique Philippe Jaenada, lauréat du Prix de Flore en 1997 avec Le Chameau sauvage, adapté au cinéma (dernier roman paru : La Femme et l’ours, éd. Grasset).

Une autre auteure à succès, quatre romans au compteur, affirme : « J’ai eu un agent, je n’en ai plus. Cela ne m’a pas vraiment servi, ça complique même parfois les choses. »  En 2011, le couple traditionnel auteur/éditeur reste donc encore le modèle majoritaire. Pour combien de temps ?

 

Sur le même sujet : Interview de Pierre Astier, agent littéraire

 

Photo© Gennadiy Kondratyev / IStockphoto

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